
Après l’annonce par 12 pays de restrictions visant le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie, l’ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou-Hassira, salue sur France 24 des mesures prises à un "moment crucial". Elle appelle désormais à aller plus loin pour faire pression sur Israël et "faire respecter le droit international".
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Réessayer"Ces mesures sont très importantes et interviennent à un moment crucial de l'histoire du peuple palestinien." Alors que 12 pays, dont le Royaume-Uni, la France et le Canada, ont annoncé mardi 8 septembre qu'ils allaient sanctionner le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie, l'ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou-Hassira, salue sur France 24 une décision qu'elle espère être un préambule à des actions plus fortes et concrètes encore.
"Israël ne cesse de rendre presque impossible la concrétisation de la solution à deux États, d'un État palestinien contigu, souverain et indépendant", déclare-t-elle. "Ces mesures touchent à ce qui est illégal, et sont en conformité avec l'avis consultatif de la Cour de justice internationale (CIJ) de 2025."
Les avis successifs de la Cour internationale de Justice, en 2024 et 2025, imposaient en effet aux États l'obligation de démanteler et de ne pas soutenir l'écosystème économique, juridique et politique de l'entreprise coloniale israélienne.
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"Il faudrait aller encore plus loin"
"Nous espérons que cette décision sera suivie par d'autres actions, permettra d'aller plus loin", reprend Hala Abou-Hassira, saluant particulièrement la décision de la France, et disant espérer voir remises en question les relations des banques et assurances françaises avec Israël. "Et il faudrait aller encore plus loin : engager la responsabilité des colons binationaux, mais aussi rompre l'accord d'association entre l'Union européenne (UE) et l'État hébreu."
Outre Londres, Paris et Ottawa, neuf pays (Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pologne, Portugal et Suède) ont confirmé "leur intention d'imposer des restrictions nationales au commerce de biens avec des colonies illégales au regard du droit international et/ou de soutenir des restrictions européennes en ce sens, ou qu'elles envisagent sérieusement d'adopter de telles restrictions ou d'autres mesures conformément à leurs procédures nationales", indique une déclaration commune.
Dans la foulée de l'annonce de ces sanctions, Israël a riposté en annonçant la fermeture du consulat britannique à Jérusalem.
"Faire respecter le droit international"
Royaume-Uni, France et Canada se sont engagés à interdire "l'importation de produits en provenance des colonies et à appliquer des sanctions ciblées contre les colonies", ont indiqué mardi Andy Burnham, Emmanuel Macron et Mark Carney dans une déclaration commune, évoquant un "tournant" dans leur "approche pour protéger la solution à deux États".
"On ne peut pas minimiser cette action en disant qu'elle est symbolique", estime Hala Abou-Hassira, alors que les échanges entre le Royaume-Uni et les territoires occupés sont estimés à 38 millions de livres par an (44,2 millions d'euros). "Je veux croire que c'est une action vraie, concrète et sincère pour mettre un terme à l'occupation et à la colonisation israélienne. Je veux croire qu'ils le font aussi pour faire respecter le droit international, qui a été banalisé ces dernières années, et pour dire 'notre socle restera le droit'."
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Regrettant que d'autres pays comme l'Allemagne ne prennent pas part aux sanctions annoncées mardi, l'ambassadrice de Palestine en France dit espérer que l'UE mette "un terme à sa politique de 'deux poids, deux mesures'.
"C'est l'État d'Israël qui a créé et maintient ce régime de colonisation, qui construit des colonies, qui assure la protection des colons terroristes... C'est l'ensemble des politiques d'un gouvernement, d'un État, qui doivent être sanctionnées", poursuit l'ambassadrice.
"Un nettoyage ethnique est en cours en Cisjordanie, perpétré par des colons terroristes. Et bien trop souvent, le gouvernement israélien a fermé les yeux sur cette situation", déclarait mardi devant la Chambre des Communes le chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband, descendant de réfugiés juifs au Royaume-Uni.
"On est le fuel de toute campagne électorale israélienne", achève sur France 24 Hala Abou-Hassira : "Netanyahu cherche à rester au pouvoir et le prix sera de faire couler davantage de sang palestinien, de faire annexer davantage de la terre palestinienne, avec la négation totale des droits du peuple palestinien."
