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Pour Londres, Israël "ferme les yeux" sur un "nettoyage ethnique" en Cisjordanie occupée

Le chef de la diplomatie britannique Ed Miliband a annoncé mardi, dans un discours devant la Chambre des communes, une interdiction des importations de produits issus des colonies israéliennes implantées dans les Territoires palestiniens. "Le gouvernement britannique reconnaît qu'un nettoyage ethnique est en cours en Cisjordanie, perpétré par des colons terroristes", a-t-il justifié. 

Des soldats israéliens arrivent dans le village palestinien de Qusra, au sud de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 29 août 2026, après une recrudescence des violences de colons israéliens contre les Palestiniens. © Jaafar Ashtiyeh AFP

Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband a accusé mardi 8 septembre le gouvernement israélien de "fermer les yeux" sur un "nettoyage ethnique" perpétré par des colons en Cisjordanie, et annoncé une interdiction des importations de produits issus des colonies dans les territoires occupés.

"Le gouvernement britannique reconnaît qu'un nettoyage ethnique est en cours en Cisjordanie, perpétré par des colons terroristes. Et bien trop souvent, le gouvernement israélien a fermé les yeux sur cette situation ; pire encore, certains de ses membres ont tenu des propos et pris des mesures visant à soutenir le déplacement forcé des Palestiniens", a déclaré Ed Miliband devant la Chambre des communes. "La position officielle du gouvernement britannique est que l'occupation est illégale."

"Je ne pense pas que le peuple britannique souhaite que nous soutenions l'occupation en acceptant, dans nos magasins et nos supermarchés, des produits provenant des colonies. Je peux donc annoncer aujourd'hui que nous allons instaurer une interdiction d'importation des produits provenant des colonies illégales situées dans les territoires occupés", a-t-il déclaré, dans le cadre d'une démarche coordonnée avec d'autres pays.

Construction, infrastructures, financement, immobilier...

Il a annoncé des sanctions "à l'encontre des entreprises et des individus qui fournissent des services, tels que la construction, les infrastructures, le financement ou l'immobilier, destinés à l'expansion des colonies", et des sanctions supplémentaires à l'encontre de "colons extrémistes ayant soutenu ou encouragé des actes de violence contre les communautés palestiniennes".

Le gouvernement britannique, qui avait déjà suspendu "plus de 30 licences d'exportation d'armes utilisées par l'armée israélienne à Gaza", refusera "également toutes les demandes de licence concernant les exportations d'armes et autres biens qui contribuent de manière significative à l'occupation".

Avant même cette annonce, Israël avait menacé Londres de représailles. Le président israélien Isaac Herzog avait mis en garde contre "des sanctions et des boycotts", estimant que le Royaume-Uni serait "du mauvais côté de l'Histoire" en prenant de telles mesures.

Après le discours d'Ed Miliband, le chef de la diplomatie israélienne a annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem.

Ed Miliband s'est dit "fier de son identité juive" et a affirmé son soutien "inébranlable" à l'État d'Israël. "Et il n'y a absolument aucune contradiction entre cela et mon soutien à l'État de Palestine", a-t-il dit.

Par ailleurs, le ministre a annoncé des sanctions contre l'un des bras financiers du Hezbollah libanais, la société Al-Qard al-Hassan, ainsi que la réintroduction de sanctions économiques contre l'Iran, "en ligne avec l'Union européenne et les États-Unis".

Avec AFP