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Israël veut vider Gaza de ses habitants, selon le ministre israélien de la Défense

Israël Katz a affirmé mardi que son pays se tient prêt à déplacer les Gazaouis hors de l'enclave si les États-Unis donnent leur accord. Alors que le déplacement forcé d'une population civile est un crime de guerre au regard du droit international, le ministre de la Défense israélien soutient depuis plusieurs mois une telle mesure, qu'il présente comme une émigration volontaire des habitants de la bande de Gaza.

La ville de Gaza en ruines après deux ans de bombardements de l'armée israélienne sur la bande de Gaza. Photographie prise avec un drone le 15 octobre 2025. © AP

Israël est prêt à déplacer les habitants de Gaza hors du territoire ravagé par la guerre si les États-Unis donnent leur feu vert, a déclaré mercredi 2 septembre le ministre de la Défense de l'État hébreu. Israel Katz a évoqué des transferts "par la mer et par les airs".

"En définitive, il n'existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration" de sa population, a déclaré le ministre lors d'une conférence organisée par le site d'information israélien Ynet.

L'an dernier, Donald Trump avait proposé de "faire le ménage" en transférant les quelque deux millions d'habitants de Gaza vers des pays comme l'Égypte et la Jordanie, avant de rétropédaler face au tollé provoqué par ces propos contraires au droit international.

Katz cherche l'appui des États-Unis

Selon Israël Katz, le président américain "n'a pas renoncé à son idée, il l'a seulement suspendue" face à la pression de pays arabes. "Mais le plan n'est pas remisé, il fait l'objet de discussions en permanence, même en ce moment", a-t-il assuré.

Sans dire d'où il tenait ce chiffre, Israel Katz a aussi assuré que "80 % [des Gazaouis] veulent partir", mais que le Hamas "les en empêche".Le gouvernement israélien est "organisé, et prêt à les faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles", a-t-il ajouté.

"Mais pour que cela se produise, nous avons besoin des États-Unis. Quand donneront-ils leur accord ? Lorsqu'il deviendra clair que le Hamas ne remplit pas ses obligations" dans le cadre des négociations autour du plan de paix défendu par les États-Unis, a-t-il poursuivi.

Israel Katz défend depuis plusieurs mois une telle mesure présentée comme une émigration volontaire des habitants de la bande de Gaza.

Son collègue Bezalel Smotrich, ministre des Finances issu d'un parti d'extrême droite, a même proposé en février d'élargir cette mesure aux Palestiniens de Cisjordanie.

Le déplacement forcé d'une population civile est pourtant un crime de guerre, au regard du droit international.

À Gaza, la plupart des habitants ont été déplacés par la guerre destructrice lancée par Israël après les attaques sans précédent du 7-Octobre menées par le Hamas, qui ont fait plus de 1 200 morts sur le sol israélien.

Depuis trois ans, plus de 73 000 personnes ont été tuées par l'armée israélienne à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par les Nations unies.

"Nous ne nous retirerons pas", dit Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a quant à lui affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. 

"Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60 % de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent", a-t-il dit. 

Benjamin Netanyahu s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile, en vigueur depuis octobre 2025.

Avec AFP