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De notre correspondant à Dakar – Au Sénégal, la hausse des prix alimente la colère des ménages. Une campagne citoyenne réclame des mesures contre la vie chère, alors que Dakar a conclu mardi un accord de principe avec le FMI pour un programme d'aide de 2,2 milliards de dollars sur la période 2026-2029.

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Image de couverture : Un marché de Dakar, au Sénégal. © France 24

À Dakar, le prix du kilo de bœuf est devenu le symbole d'une vie quotidienne toujours plus chère. En quelques mois, il a augmenté d'environ 30 % sur certains marchés. Une hausse qui pèse lourdement sur le budget des ménages et nourrit un sentiment de ras-le-bol dans un pays confronté à de fortes contraintes économiques.

"J'achetais le kilo à 4 000 francs CFA, puis 4 500, puis 4 800, puis 5 000, et maintenant 5 500 francs ! C'est dur. La hausse est brusque et intense", témoigne Mame Thioune, commerçante et mère de famille, sur un marché de la capitale.

La viande n'est pas le seul produit concerné. Les prix d'autres denrées alimentaires, du carburant, des transports, des loyers et de nombreux services ont également augmenté ces derniers mois.

Mardi, le Fonds monétaire international a annoncé un accord avec le Sénégal en vue d'un programme d'aide de 2,2 milliards de dollars sur la période 2026-2029.

"Il n'y a pas d'explication"

Face à cette situation, un mouvement citoyen a lancé fin août la campagne #30JoursPourLeJustePrix sur les réseaux sociaux. Plus de 3 000 consommateurs l'ont déjà rejoint, selon ses initiateurs.

"On n'entend même pas les autorités nous parler de cette hausse. Il n'y a pas de justification, il n'y a pas d'explication. Ce qui est un peu frustrant. Voilà pourquoi on s'est dit qu'on allait faire un tapage", explique Bathie Drizzy, créateur de contenus et co-initiateur de la campagne.

"Les Sénégalais veulent exprimer leur ras-le-bol aujourd'hui", résume Codou Aicha Faye, co-initiatrice de la campagne. "On va commencer par boycotter certains produits pour voir ce que cela va donner."

"Produisons ce que nous consommons"

Le gouvernement, lui, évoque les conséquences du contexte international avec la guerre au Moyen-Orient et la crise sécuritaire au Sahel. Pour faire face aux chocs exogènes, les autorités misent sur la transformation agricole.

"Produisons ce que nous consommons, consommons ce que nous produisons", résume Babacar Sembene, directeur général de l'Agence de régulation des marchés. Selon lui, développer la production locale permettrait au Sénégal "plus de mainmise sur certaines évolutions des prix à la consommation".

Le mouvement #30JoursPourLeJustePrix entend désormais passer des réseaux sociaux à la rue. Une marche pacifique est prévue samedi à Dakar pour réclamer davantage d'action des pouvoirs publics.