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RéessayerLe secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, est à Caracas pour concrétiser un accord pétrolier hors norme. Pendant cent ans, une entreprise soutenue par Washington pourra exploiter 17 champs contenant près d’un cinquième des réserves vénézuéliennes.
L’accord porte sur 17 champs pétroliers situés principalement dans la ceinture de l’Orénoque, dans l’est du Venezuela, et autour du lac Maracaibo, dans l’Ouest. Ils contiendraient environ 65 milliards de barils, soit près d’un cinquième des réserves du pays, les plus importantes de la planète. Leur exploitation sera confiée pour 100 ans à North American Blue Energy Partners, ou NABEP, une société contrôlée par l’homme d’affaires vénézuélien controversé Alejandro Betancourt.
Le Pentagone doit obtenir 35 % du capital de sa maison mère ainsi qu’un droit de veto sur la composition de son conseil d’administration. Les États-Unis pourront acheter 20 % du pétrole produit à prix coûtant et disposeront d’un droit de priorité sur les 80 % restants.
Un accord gagnant-gagnant, mais risqué
Washington sécurise ainsi l’approvisionnement de ses raffineries et réduit l’influence chinoise et russe sur plusieurs champs stratégiques. En contrepartie, NABEP prévoit jusqu’à 100 milliards de dollars d’investissements pour moderniser une industrie pétrolière vénézuélienne profondément dégradée. Caracas espère des milliers d’emplois ainsi que près de 200 milliards de dollars de taxes et de redevances durant les 25 premières années.
Chris Wright affirme que ces investissements pourraient plus que doubler une production tombée à environ 1,2 million de barils par jour, contre plus de 3 millions à la fin des années 1990. Mais la remise en état des installations prendra des années et la durée du contrat, l’absence d’appel d’offres et l’entrée du Pentagone au capital d’une entreprise privée soulèvent déjà de sérieuses interrogations juridiques.


