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RéessayerÀ la Une de la presse, mercredi : la rentrée en Ukraine, dans des écoles souterraines ; le Forum des Îles du Pacifique, sous tension géopolitique ; et la tapisserie de Bayeux inaugurée au British Museum de Londres, une histoire de diplomatie mais pas que.
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Une rentrée des classes sous terre en Ukraine
La rentrée des élèves ukrainiens se déroule sous terre. Alors que les frappes russes s’intensifient et que le ton monte entre Moscou et Kiev, ils reprennent le chemin de l’école, dans les sous-sols. "Impossible de recevoir une éducation sans aller sous terre", affirme le père de deux garçons qui étudient dans les sous sols de Zaporizhia. Les parents ukrainiens ne voient pas l’école souterraine comme apocalyptique, mais comme une opportunité, rapporte le New York Times avec des photos étranges d’enfants en blouses traditionnelles, éclairés par les néons blafards.
La surface de la ville de Zaporijia, proche de la ligne de front, est particulièrement touchée par les bombardements depuis 2022. La ville compte 10 écoles souterraines qui ont pu être construites notamment grâce à des financements européens. Les élèves ont le droit de remonter quand il n’y a pas d’alerte aérienne, ce qui est de plus en plus rare.
Rare aussi à Kiev, où des drones à réaction sont désormais actifs en plein jour. Libération raconte la peur des parents dans la capitale. Là, il y a moins d’écoles enterrées. Les enfants, comme ces jeunes filles tirées à quatre épingles, descendent dans les abris avec les adultes quand retentissent les sirènes.
Autre difficulté : la destruction des manuels scolaires par la Russie ; Ukrainska Pravda publie ces photos de pages calcinées. On y distingue Benjamin Franklin, qui, ironie de l’histoire, était imprimeur avant d’être l’un des pères fondateurs des États-Unis. La Russie multiplie les frappes sur des entrepôts de maisons d'édition. Des millions de livres sont détruits chaque mois. Selon l’article, il manquerait environ 10 % des manuels scolaires nécessaires.
"Les petits États insulaires boivent la tasse"
C'est un sommet international dont on parle peu : le 55e Forum international des îles du Pacifique s’est ouvert lundi aux Palaos. Il y est question notamment de justice climatique. "Les petits États insulaires boivent la tasse", comme le titre l’Humanité, qui rappelle que ces îles sont responsables de moins de 1 % des émissions de CO2 mais qu’elles sont menacées d'être rayées de la carte par la montée des eaux.
Quelque 1,2 milliards de personnes pourraient être déplacées dans 25 ans. L’archipel de Tuvalu est particulièrement concerné. L’Australie accorde bien à ses citoyens des visas de réfugiés climatiques, mais seulement 280 par an, et ils sont attribués par tirage au sort. Il y a donc une demande de solidarité des pays les plus riches envers ces îles.
Le Pacifique est aussi une zone stratégique, très disputée. En particulier par les tensions entre la Chine et les États-Unis. D’après The Diplomat, le forum est "fracturé" par la rivalité entre grands pouvoirs. Certains dirigeants d’îles comme les Fidji ou les Samoa ont pratiqué la politique de la chaise vide. Et alors qu’elle en avait été exclue l’année dernière, Taïwan, est présente à la réunion avec le soutien de Washington. Mais la Chine, qui revendique l’île comme partie intégrante de son territoire, dit qu’il y aura des "conséquences" à cette présence de Taipei, tout en précisant que ce n’est pas une menace. Nuance.
Bayeux-mania au Royaume-Uni
La tapisserie de Bayeux, prêtée par la France au Royaume-Uni est inaugurée mercredi à Londres par Emmanuel Macron. Selon La Croix, c’est une leçon de diplomatie. La tapisserie relate la conquête de l’Angleterre par Guillaume duc de Normandie, ce "fragile trésor" est donc un morceau d’histoire commune. Elle n’avait pas traversé la Manche depuis 1 000 ans quand elle y avait été en partie brodée dans le Kent. Les remerciements de British Museum, où elle sera exposée, sont projetés sur les falaises de Douvres, en français – c’est la moindre des choses. La France a accepté de prêter l'œuvre au moment du Brexit, justement pour rappeler la longue relation pas toujours pacifique entre les deux nations.
Et ce n’est pas qu’une histoire diplomatique : les Britanniques sont fans. Libération parle même de Bayeux-mania : et pour cause, l’exposition est complète jusqu’à la fin de l’année : 100 000 tickets ont été vendus en 24 h en juillet, générant 2,5 millions de livres de revenu.
La célèbre presse à scandales britannique a trouvé de quoi remplir ses pages dans la tapisserie, avec un "scandale sexuel" d’après le Daily Mail. Sur 70 mètres de long, le tabloïd a choisi cette scène. On y voit une femme, dont un homme du clergé caresse la joue, et juste en dessous, un personnage complètement nu. Les historiens ne sont pas d’accord sur la signification de cette histoire : il ne savent pas s’il s'agit d’une simple histoire d’adultère, ou d’un complot pour ternir la réputation de proches de Guillaume le Conquérant. Un conservateur du British Museum a même une théorie selon laquelle cette scène remettrait carrément en cause le sang royal de Guillaume le Conquérant. Avis aux fans de généalogie.
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