
En Tunisie, le procès en cassation dans l'affaire visant 34 personnalités pour complot contre la sûreté de l'État s'ouvre jeudi. Mais les familles des condamnés n'ont que peu d'espoir de voir les peines annulées. En novembre 2025, des condamnations allant de 5 à 45 ans de prison avaient été prononcées en appel. L'affaire est devenue le symbole du tournant autoritaire et de la répression politique sous la présidence de Kaïs Saïed.
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RéessayerC'est l'ultime espoir des proches des condamnés, mais il semble mince. Après avoir vu leurs lourdes peines confirmées en appel en novembre 2025, 34 personnalités, dont plusieurs figures de l'opposition tunisienne, attendent, jeudi 3 septembre, une décision de la cour de cassation dans l'affaire dite du "complot", devenue emblématique de la répression de l'opposition dans le pays.
"C'est une date qui a beaucoup surpris les avocats et les familles des détenus, car les vacances judiciaires sont encore en cours en Tunisie, et rien ne laissait présager la tenue de cette audience en cassation", note Lilia Blaise, la correspondante de France 24.
L'ouverture de cette audience a en effet été vivement critiquée, plusieurs avocats dénonçant une date annoncée au dernier moment et estimant qu'elle ne leur avait pas permis de préparer convenablement leur défense dans cette affaire aux lourds enjeux politiques.
Une vingtaine de personnes se sont rassemblées jeudi matin devant le tribunal en soutien aux détenus en brandissant des pancartes demandant la libération de plusieurs opposants.
Au printemps 2025, 37 personnes avaient été condamnées en première instance pour complot contre la sûreté de l'État, puis 34 peines allant de 5 à 45 ans d'emprisonnement ont été confirmées en appel le 27 novembre 2025.
"Nous n'avons aucun espoir d'une libération"
Parmi les personnes incarcérées figurent le juriste et opposant Jawhar Ben Mbarek, l'ex-ministre centriste Ghazi Chaouachi, l'ancien haut fonctionnaire Ridha Belhaj et la militante Chaïma Issa.
Pour les familles des détenus, dont certains sont en prison depuis 2023, il y a peu d'espoir que cette audience en cassation permette d'annuler les précédents jugements.
"Cela fait maintenant trois ans et demi qu'il est emprisonné. Donc il y aura toujours des hauts et des bas. Parfois, il est un peu optimiste, parfois il est un peu pessimiste, mais on garde toujours espoir. On ne peut pas vivre sans espoir", confie à France 24 Youssef Chaouachi, le fils de Ghazi Chaouachi.
"Vu le contexte économique et social et également politique que nous vivons, nous n'avons aucun espoir d'une libération, ou quoi que ce soit du jugement qui sera rendu demain. Nous n'avons aucune confiance dans les instances judiciaires tunisiennes actuelles sous le pouvoir actuel", tranche Haifa Chebbi, avocate et fille de Ahmed Nejib Chebbi, 82 ans, l'un des opposants de gauche les plus célèbres du pays.
Amnesty International a de son côté exhorté les autorités tunisiennes à annuler des condamnations qu'elle juge "iniques" et à libérer les détenus.
L'ONG fustige "un procès collectif entaché de violations des garanties d'une procédure régulière" et dénonce les conditions de vie des prisonniers, aggravées selon elle par "les récentes vagues de chaleur successives".
Avec AFP
