
Un incendie d'une grande virulence à Le Porge en Gironde, le 23 juillet 2026 © ROMAIN PERROCHEAU / AFP
Quatre ans après le cauchemar de l'été 2022, l'incendie d'origine probablement accidentelle qui a parcouru 3 400 hectares près du célèbre bassin d'Arcachon en Gironde. Il est désormais est "contenu" au nord de Lège-Cap-Ferret, selon la préfecture, tandis que plus de 20 000 personnes ont été évacuées préventivement de ce secteur de la forêt des Landes de Gascogne.
Selon la préfète de Gironde, Sophie Brocas, "le feu n'est pas encore stabilisé" mais jeudi en fin d'après-midi, il était "contenu au nord de la commune de Lège", qui compte 8 000 résidents permanents et attire des dizaines de milliers de touristes en période estivale.
L'objectif principal des pompiers est d'y protéger les habitations. Le quartier de la ville le plus menacé avait été évacué dès mercredi soir et des habitants sont confinés chez eux, inquiets quant à l'évolution de l'incendie
Aucune victime n'est recensée à ce stade par les autorités mais "une maison isolée a été détruite", selon la préfète. Trois autres ont été léchées par les flammes et une caravane a brûlé, selon un dernier bilan.
"Quand on a acheté ici, on ne pensait pas au risque d'incendie."
Les évacués sont pris en charge dans des salles communales de la zone, à distance des flammes.
"Les gendarmes sont venus toquer à chacune des maisons. Le feu était à 500 m environ", a raconté à l'AFP Patrick Martineau, 69 ans, habitant du Porge. "On a un peu peur et du mal à réaliser ! C'est surréaliste. Quand on a acheté ici, il y a six ans, on ne pensait pas au risque d'incendie."

"Nous nous préparons à tenir quelques jours", indique le maire de la commune, Martial Zaninetti.
"Nous venons ici tous les ans, c'est terrible", confie à l'AFP Elke Urbain, 50 ans, une touriste belge venue d'Anvers, évacuée d'un camping de Lège-Cap-Ferret après 10 jours sous la tente en famille. "Nous n'avons pas peur parce que tout le monde s'occupe de nous" mais "nous sommes tristes pour les gens d'ici", dit-elle.
Jeudi, un drone de la gendarmerie a diffusé un message d'alerte sur la zone évacuée à destination d'éventuels récalcitrants : "Merci de quitter les lieux dans les plus brefs délais", a entendu un journaliste de l'AFP.
Quelque 700 sapeurs-pompiers luttent contre les flammes, rejoints par 44 militaires de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, et appuyés par deux Canadair, deux Air Tractor et un Dash. Plus de 300 gendarmes participent également aux secours.
Paysage de désolation
Jeudi, un paysage de désolation s'étendait entre Le Porge et Lège-Cap-Ferret.
Selon plusieurs sources interrogées par l'AFP, le feu aurait été déclenché par un engin de débroussaillage dans la commune de Saumos. La piste accidentelle est privilégiée par les autorités.
La préfète de Gironde a interdit "tous travaux forestiers utilisant des moteurs thermiques" dans le département jusqu'à nouvel ordre.

Pire année en France
Selon le gouvernement, plus de 12 500 départs de feu sont intervenus depuis janvier et la surface déjà brûlée dépasse celle de 2022, quand des incendies avaient parcouru près de 30 000 hectares dans la forêt des Landes de Gascogne, forçant à l'évacuation de quelque 50.000 personnes. Plus de 3.000 hectares avaient déjà brûlé à l'époque autour de Saumos.
À ce stade, 2026 se situe au deuxième rang des surfaces brûlées à travers l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, d'après les données satellitaires du système Effis analysées par l'AFP. Mais c'est la pire année en France.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules.
Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.
Avec AFP
