logo

IA : Microsoft signe un accord avec Mistral pour utiliser ses infrastructures en Europe
Le géant américain Microsoft a signé un accord de "plusieurs milliards" de dollars avec le champion français de l'intelligence artificielle (IA), Mistral, afin d'utiliser la puissance de calcul de ses infrastructures en Europe, ont annoncé mardi les deux entreprises dans un communiqué commun.
Cette photo d'illustration montre une publicité pour la société française d'intelligence artificielle Mistral dans une station de métro new-yorkaise. © Shannon Stapleton, Reuters

Microsoft a accepté d'investir ⁠des milliards de ​dollars dans l'infrastructure informatique de Mistral en Europe, dans le cadre d'un accord qui étendra également la distribution de la technologie de la start-up française via ​le géant américain, ont déclaré les entreprises mardi 21 juillet.

Dans le cadre de cet accord, les clients de Microsoft Azure pourront développer des logiciels en utilisant les centres de données de Mistral en France, ce qui permettra à Microsoft de disposer de plus de capacités en Europe et offrira ​aux industries réglementées une ‌alternative aux infrastructures contrôlées par les États-Unis.

Mistral a par ailleurs intégré ses modèles d'IA Medium 3.5 et OCR ⁠4 à Foundry, l'outil de création d'applications de Microsoft. Microsoft Copilot Studio a également intégré Medium 3.5.

Enfin, les entreprises disposant de centres de données indépendants qui accèdent aux services Microsoft via Azure ‌Local auront la possibilité d'exécuter les modèles "ouverts" de Mistral, qui donnent aux clients la licence de développer leur propre IA.

À voir L'UE face à la révolution de l'intelligence artificielle

Cet ⁠accord souligne l'intérêt croissant, en Europe comme ailleurs, pour une réduction de la dépendance à l'égard des technologies américaines, afin que d'autres pays puissent exercer une plus grande influence sur leurs futures sociétés et économies. Il pourrait également aider Microsoft ​à répondre à la demande croissante de modèles ouverts.

Bien que la revendication d'une IA "souveraine" remonte à plusieurs années, ‌la décision américaine prise le mois dernier de suspendre l'accès étranger à deux modèles avancés de la société Anthropic, basée à San Francisco, a rendu l'indépendance technologique plus urgente en Europe. Dans une interview conjointe accordée à Reuters, le président de Microsoft, Brad Smith, et Arthur Mensch, cofondateur et directeur général de ‌Mistral, ont déclaré que ce partenariat visait à garantir cette souveraineté tout en permettant l'accès aux logiciels et aux fonctionnalités de sécurité américains.

"En plaçant les modèles de Mistral sur Azure Local et ​sur la capacité de calcul de Mistral, nous pouvons combiner les technologies américaine et européenne et le faire de manière à garantir un accès continu et assuré", a déclaré Brad Smith.

Rester dans la course à l'IA

Découpler l'Europe de la technologie américaine serait une tâche ardue. ​Les puces Nvidia de qui alimentent l'essor mondial de l'IA, et qui sont également essentielles au développement des centres de données de ​Mistral, sont de conception américaine. Nvidia, tout comme Microsoft, est un investisseur de Mistral.

Brad Smith a ​déclaré que l'accord annoncé mardi n'incluait aucune nouvelle participation financière dans la start-up, et Arthur Mensch a refusé de commenter un article de Bloomberg News selon lequel Mistral était en pourparlers pour lever ​environ 3 milliards d'euros sur la base d'une valorisation de 20 milliards d'euros.

L'entreprise parisienne est devenue l'un des plus grands espoirs européens en matière d'IA. Jusqu'à présent, Mistral a ciblé les secteurs de la production industrielle, des services financiers et de la défense, et a notamment décroché des contrats avec les forces armées françaises. Sa valorisation reste toutefois bien inférieure à celle de ses concurrents américains, comme Anthropic.

Arthur Mensch a toutefois déclaré que cet ⁠accord montrait comment Microsoft et Mistral "travaillaient ensemble pour combler le fossé en matière d'infrastructures en Europe".

Mistral vise une capacité de calcul de 1 gigawatt d'ici 2030, et l'accord ⁠avec Microsoft – dont Arthur ​Mensch a refusé de donner les détails – valide sa stratégie.

Les entreprises travaillent à un plan de commercialisation commun, ont-elles ajouté.

"Cela va incontestablement aider nos deux entreprises à développer leurs activités", a déclaré Brad Smith.

Avec AFP et Reuters