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Deux jours après l'alerte autour de la base militaire de Fairford, en Angleterre, la police a confirmé mardi n'avoir découvert aucun engin explosif dans les véhicules des cinq suspects libérés sous caution, mais des quantités importantes d'essence, relançant les spéculations sur un possible vol de carburant.

Un policier armé monte la garde devant la base de la RAF à Fairford, au lendemain de l'enquête ouverte par la police antiterroriste britannique, le 28 septembre 2026. © Ben Stansall, AFP

La police antiterroriste chargée de l'enquête autour de l'alerte survenue dimanche autour d'une base militaire en Angleterre a annoncé mardi 29 septembre n'avoir découvert "aucun engin explosif" mais de l'essence dans les véhicules des suspects, une affaire qui suscite encore de nombreuses questions.

Dans son dernier point de situation, la police confirme les informations relayées par plusieurs médias britanniques : aucun engin explosif n'a été retrouvé dans les véhicules utilisés par les suspects. Ces véhicules "ont fait l'objet d'examens approfondis, menés avec l'appui de moyens militaires et d'experts de la police scientifique, et nous sommes en mesure de confirmer qu'aucun engin explosif improvisé n'a été découvert", déclaré le chef de la police antiterroriste Laurence Taylor, cité dans le communiqué de la police. En revanche, "de l'essence en quantité a été saisie", a-t-il ajouté.

Les cinq hommes, tous Britanniques et âgés de 23 à 25 ans, avaient initialement été arrêtés pour "préparation d'acte terroriste" près d'une base de la Royal Air Force à Fairford, dans le sud-ouest de l'Angleterre dimanche, utilisée par l'armée américaine, avant d'être remis en liberté sous caution lundi.

"Je comprends que ce rebondissement puisse en surprendre plus d'un, mais je tiens à rappeler qu'il s'agit d'une décision purement d'enquête, fondée sur notre expérience et sur un examen rigoureux du cadre légal", s'est justifié Laurence Taylor dans le communiqué.

L'Iran a "catégoriquement" nié être impliqué

L'annonce de leur libération avait créé la surprise au Royaume-Uni mais aussi aux États-Unis. "Je n'aurais pas fait ça", a commenté le président américain Donald Trump. Pour le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, l'affaire implique "clairement un acteur étranger". Il a toutefois refusé de livrer "des détails à ce sujet".

Des bombardiers de l'US Air Force stationnés sur le tarmac de la base de la RAF à Fairford, le 28 septembre 2026, dans le sud-ouest de l'Angleterre, au lendemain de l'intervention de la police antiterroriste britannique. © Ben Stansall, AFP

Sur place, un retour à la normale semble se dessiner. "Nous continuons de réduire le nombre de sites d'enquête autour de la base de la RAF Fairford et nous prévoyons de les fermer complètement d'ici demain", a précisé Laurence Taylor dans le communiqué. Mardi matin, la zone était toujours entourée d'un important dispositif policier. Les habitants du village voisin qui avaient été évacués par précaution dimanche ont été autorisés à regagner leur domicile lundi soir.

La base de Fairford est utilisée depuis mars par les États-Unis dans leur guerre contre l'Iran pour des "opérations défensives".

Téhéran a "catégoriquement" nié être impliqué dans tout projet d'attaque contre la base de la Royal Air Force, après des articles rapportant que la police britannique enquêtait sur une éventuelle responsabilité de l'Iran.

Un véhicule blindé patrouille à l'intérieur de la base de la RAF à Fairford, le 28 septembre 2026 dans le sud-ouest de l'Angleterre. © Ben Stansall, AFP

Des voleurs de carburant ?

"Nous explorons de multiples pistes", a déclaré lundi le chef de la police antiterroriste Laurence Taylor. "Nous examinons toutes les hypothèses possibles, y compris celle selon laquelle cet acte aurait pu être commis par des intermédiaires ou par des individus agissant, sciemment ou non, pour le compte d'un État étranger".

L'alerte avait été donnée par une agricultrice dans la nuit de samedi à dimanche. Elle a indiqué avoir appelé la police pour signaler "trois véhicules suspects qui semblaient se diriger vers la base". Elle a raconté à la BBC lundi matin avoir vu "un important groupe d'hommes masqués" alors qu'elle rentrait de soirée.

Selon des images aériennes des camionnettes, celles-ci transportaient des fûts et au moins l'une d'entre elles portait un faux logo, donnant l'impression qu'elle appartenait à une entreprise de transport de carburant. Ce qui a suscité des spéculations dans des médias quant à savoir si ces hommes étaient des voleurs de carburant.

Pour Patricia, une habitante d'un village voisin de 60 ans interrogée par l'AFP, cette affaire, c'est "beaucoup de bruit pour rien". "Si les enquêteurs n'ont rien trouvé, alors la place (des suspects) n'est pas en prison".

Avec AFP