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Mondial 2026 : l'Argentine sait souffrir et gagner ses matches dans le dernier quart d'heure
Avec onze buts marqués après la 80e minute, l’Argentine se montre comme une spécialiste des qualifications au bout de l’effort. Elle a appris à souffrir au fil de la compétition et comptera une nouvelle fois sur le génie de Messi ou l'inspiration tardive de ses attaquants pour s'imposer face aux Espagnols en finale, dimanche.
Enzo et l'équipe d'Argentine célèbrent le but de l'égalisation lors des demi-finales du Mondial contre l'Angleterre, le 15 juillet 2026. © Rebecca Blackwell, AP

L'Argentine, reine des buts à la dernière minute. Même dos au mur, les Argentins parviennent à se sortir des situations les plus complexes. Leur efficacité en fin de match leur a permis de se hisser jusqu'en finale, dimanche 19 juillet, contre l'Espagne.

Le sélectionneur argentin, Lionel Scaloni, expliquait en conférence de presse, après la victoire contre la Suisse en quarts de finale, que sa sélection "souffrait", rappelant que "même au Qatar on avait souffert même si on a peut-être mieux joué qu'aujourd'hui". Avec 11 buts sur 19 inscrits après la 80e minute de jeu, l’Albiceleste fait voir son instabilité mais aussi sa capacité à s’en “remettre au génie”, comme l’avance le sociologue du sport Hervé Kouamouo, intervenant à France 24. Ils marquent dans cette période beaucoup plus que les trois autres demi-finalistes.

Les trois autres sélections se montrent bien moins prolixes en fin de match puisque la France (16 buts au total), l'Espagne (12 buts au total) et l'Angleterre (15 buts au total) n'ont, chacune, marqué que trois buts au-delà de la 80e. Pour le sociologue, l’Argentine est une équipe “en difficulté sur tous les matches”. La résilience argentine transparaît grâce à Messi, “ce genre de joueur qui en une action peut vous faire changer un match”.

2-1 : la descente aux enfers anglaise

Ils commencent à avoir l'habitude du scénario. Les hommes de Lionel Messi ont mis fin aux espoirs anglais au terme d'une rencontre où les Three Lions se sont effondrés en moins de 10 minutes. Alors que l'Angleterre menait à la 55e minute grâce à une frappe titanesque d'Anthony Gordon, les Argentins ont de nouveau fait preuve de leur éternelle résilience. 

Ils ont poussé les Anglais dans leurs retranchements, aidés par la frilosité du sélectionneur anglais Thomas Tuchel. Jordan Pickford, sauvé à de nombreuses reprises par ses poteaux, n'a pas pu stopper le but de l'égalisation inscrit par Enzo Fernandez à la 85e minute.

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Les Argentins Enzo Fernández et Nico González célèbrent la victoire en demi-finale de la Coupe du monde contre l'Angleterre à Atlanta, le 15 juillet 2026. © Rebecca Blackwell, AP

Les Three Lions ont été étouffés par les vagues offensives argentines, évoluant ensemble dans un bloc haut pour récupérer les ballons au plus près de la surface de réparation adverse. Comme elle en a l'habitude, l'Albiceleste s'est sortie du match dans le money time, cette fois grâce à une tête de Lautaro Martinez dans le temps additionnel (90e+2).

Pour lui, l'Argentine est parvenue à s'extirper de cette situation grâce aux Anglais eux-mêmes. "Ils ont pressé pendant 60 minutes et ils ont arrêté quand ils ont marqué. Ils ont reculé et ça nous a donné de la tranquillité pour avoir le ballon, le terrain s'est agrandi," a-t-il expliqué à la fin du match.

3 -1 : les prolongations avec la Suisse

Les Argentins ont su faire preuve de réalisme pendant le choc face à une Suisse déterminée à donner du fil à retordre aux champions du monde en titre. L’Albiceleste avait pourtant pris les devants très tôt, à la 10e minute grâce à une tête de Mac Allister.

La Nati finit par faire flancher le gardien argentin Emiliano Martinez à la 67e. La frappe de Ndoye permet aux Suisses de revenir au score et ravive une lueur d’espoir. La flamme s’éteint cependant quelques minutes plus tard, à la suite d’un deuxième carton jaune écopé par Embolo alors que l’arbitre l’avait originellement attribué à Paredes.

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Lionel Messi et Jose Manuel Lopez célèbrent leur qualification en demi-finale après une victoire face à la Suisse, le 11 juillet 2026. © Abbie Parr, AP

L’exclusion inverse la tendance du match, les Argentins remettent la pression. Au terme du premier quart d’heure des prolongations, Julian Alvarez libère l’Albiceleste. Lautaro Martinez ne fait que crucifier la Nati dans les dernières minutes : 3 - 1 pour l’Argentine, deux nouveaux buts en prolongation et un billet pour les demi-finales.

3 - 2 : quinze minute cruelles pour l'Égypte

“C’est un match qu’on retiendra de cette Coupe du monde” selon Xavier Chemisseur, journaliste France 24. Même quand ils ne mènent pas, les hommes de Lionel Scaloni, le sélectionneur argentin, trouvent la solution magique. Contre l’Égypte, la solution s’appelle Leo Messi, passeur puis buteur. Face à des Pharaons pourtant bien en place défensivement, l’Albiceleste a fait honneur à son titre en marquant trois buts en moins de quinze minutes. Christian Romero réduit l’écart à la 79e sur un service de Messi, le capitaine égalise quatre minutes plus tard. Dans le temps additionnel, Enzo Fernandez termine une remontada express seul dans la surface.

Mondial 2026 : l'Argentine sait souffrir et gagner ses matches dans le dernier quart d'heure
Les joueurs argentins soulèvent leur capitaine Lionel Messi en l'air pour célébrer la victoire à l'issue des huitièmes de finale opposant l'Argentine à l'Égypte, à Atlanta, le 7 juillet 2026. © Colin Hubbard, AP

Un dénouement qui ne fait pas l’unanimité. Les Égyptiens auraient pu faire le break à la 60e minute, mais François Letexier revient sur une faute arrivée un peu plus tôt. Alors que les Égyptiens poussent pour repasser devant, Mohamed Salah tombe dans la surface adverse. L’arbitre français laisse jouer ce qui se solde par une victoire argentine.

3 - 2 : la frayeur cap-verdienne en 16e de finale

Rares sont ceux qui voyaient le Cap-Vert aller aussi loin dans son Mondial. Encore plus rares ceux qui auraient pu prédire qu’ils tiendraient tête à la sélection argentine. L'Albiceleste s’est fait peur. L’Argentine s’impose dans la douleur, au terme d’un match durant lequel ils ont tremblé entre manque de rythme, exploits du gardien des Requins Bleus Vozinha et égalisations du Cap-Vert. Selon Xavier Barret, chroniqueur à RFI, “les Argentins ont un peu pêché par orgueil, par suffisance et par arrogance”, explique-t-il. “Ils ont marqué et ils ont géré, ils pensaient que ça suffirait et ils ont failli se faire sortir.”

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Le joueurs capverdien Diney Borges marque un but contre son camp lors des seizièmes de finale entre l'Argentine et le Cap-Vert à Miami Gardens, le 3 juillet 2026. © George Walker IV, AP

L’Albiceleste a pu se sortir du piège cap-verdien en prolongations grâce à ses éclairs de génie : un corner de Messi et une tête de Romero. Un exploit qui ne passe pas loin pour le Cap-Vert.

Une tendance déjà vue en poule

La tendance des buts argentins en fin de match n’est pas réservée aux matches à élimination directe. Les Sud-Américains ont aussi dû batailler jusqu'en fin de rencontre lors de la phase de groupe.

Contre l’Autriche, Messi marque le but du break à la 95e minute, pendant le temps additionnel. Face à l’Algérie, il signe un triplé à la 76e. Le capitaine sévit aussi à la 80e, empêchant la Jordanie d’espérer revenir au score malgré une réduction à la 55e.

Toujours qualifiés sur le fil, les Argentins n’ont cependant jamais été jusqu’aux tirs au but pendant ce Mondial, parvenant in extremis à arracher leur qualification. Ils vont chercher contre l'Espagne leur deuxième Coupe du monde d'affilée, un exploit qui n'a pas été réalisé depuis les Brésiliens de 1962.