
Des personnes portent le cercueil de l'ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême iranien assassiné, au mausolée de l'imam Ali à Najaf en Irak, le 8 juillet 2026. © Hussein Faleh, AFP
Dernière étape du cortège funéraire de l'ayatollah Ali Khamenei avant son inhumation. Une immense foule a accompagné, mercredi 8 juillet, le cercueil de l'ancien Guide suprême iranien dans les rues des villes saintes chiites de Najaf et Kerbala en Irak, avant qu'il ne soit inhumé en Iran.
Cette étape irakienne vient clore un hommage de plusieurs jours qui a rassemblé des millions d'Iraniens, conçu comme une démonstration de force et d'unité après les frappes israélo-américaines ayant tué Ali Khamenei, au premier jour de la guerre le 28 février.
Les funérailles n'ont pas fait taire les armes : les hostilités ont repris dans la nuit entre Washington et Téhéran, sur fond de fragile cessez-le-feu.
À Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah était arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de grands portraits en ce jour décrété férié.
Au sanctuaire de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet, quatrième calife de l'islam et premier imam chiite, beaucoup se sont bousculés pour tenter de toucher le cercueil, ont constaté des journalistes de l'AFP.
La mort de Khamenei est "une calamité, une tragédie"
Alors que l'appel à la prière résonnait dans les vastes cours, des centaines de religieux coiffés de turbans blancs et noirs ont accueilli la dépouille après des heures d'attente sous un soleil de plomb.
La mort de Khamenei est "une calamité, une tragédie", témoigne Karim Hassan, saluant "l'hommage digne" rendu à "un dirigeant que l'on ne peut même pas décrire".
Après Najaf, le cercueil est arrivé en soirée par la route à Kerbala, plus au nord, où il doit être transféré vers les sanctuaires de l'imam Hussein et de son frère Abbas.
En ville, la foule a brandi des drapeaux iraniens et des portraits de l'ayatollah, reprenant en chœur des slogans retransmis par haut-parleur glorifiant l'Iran et ses dirigeants ainsi que l'"axe de la résistance", nom donné par Téhéran à des groupes armés dans la région qui le soutiennent, incluant des organisations en Irak.
"Nous te faisons nos adieux", proclame une banderole, tandis qu'une autre montre une photo du dirigeant avec la phrase : "Celui qui a humilié l'Amérique". De l'eau est aspergée sur la foule pour la soulager de la chaleur, tandis que les forces de sécurité sont déployées en nombre, comme les secours.
"Lien spirituel profond" entre l'Iran et l'Irak
Les dépouilles des proches de Khamenei, tués avec lui à Téhéran – une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille âgée de 14 mois, d'après les autorités –, ont fait le voyage sans prendre part à la procession.
Le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens iraniens de la Révolution, a salué "la planification minutieuse de cet événement historique" par Bagdad, révélatrice selon lui "du lien spirituel profond unissant les deux nations". Il a participé à l'hommage en Irak, tout comme le président iranien et le chef de la diplomatie.
Les autorités irakiennes entretiennent d'étroites relations politiques et religieuses avec Téhéran. Mais les relations bilatérales n'ont pas toujours été bonnes. Dans les années 1980, le président Saddam Hussein, qui réprimait la population chiite, est entré en guerre contre l'Iran après la Révolution islamique de 1979.
Les deux pays sont devenus de proches alliés après la chute du pouvoir baasiste en 2003 et l'arrivée aux affaires d'un gouvernement dominé par les chiites à Bagdad, qui doit veiller à un équilibre délicat avec ses deux partenaires, américains et iraniens, eux-mêmes ennemis.
Aujourd'hui, l'Iran ne se contente pas de soutenir des responsables politiques influents, mais appuie aussi des groupes armés. Ceux-ci ont participé à la guerre au Moyen-Orient en attaquant des installations américaines en Irak.
Concluant ces obsèques, l'inhumation aura lieu jeudi à Machhad, ville natale d'Ali Khamenei, dans le nord-est de l'Iran.
Avec AFP
