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Ligue des champions : Willian Pacho, l'Équatorien du PSG "meilleur défenseur au monde" ?
Le défenseur de 24 ans a tenu son rang face au Bayern Munich malgré un festival de buts en demies. Willian Pacho, quasi inconnu à son arrivée en 2024 au PSG, jeune des quartiers chauds de Quinindé, en Équateur, s'est imposé dans le dispositif de Luis Enrique. De quoi contrarier les rêves de gloire d'Arsenal, qui retrouve enfin une finale de C1 après 20 ans d'absence ?
Willian Pacho, du PSG, célèbre après avoir inscrit le quatrième but de son équipe lors d'un match de football de la phase préliminaire de la Ligue des champions opposant le Paris Saint-Germain à Tottenham, à Paris, le mercredi 26 novembre 2025. © Christophe Ena, AP

Certaines anecdotes en disent long sur la personnalité et le parcours d'un joueur. Questionné sur le numéro 51 floqué dans son dos, Willian Pacho répond simplement dans une interview pour le site officiel du PSG en mars dernier : "J’ai longtemps porté ce numéro à Independiente del Valle, puis à Antwerp, et je m’y suis attaché. Mais la raison principale est liée à ma mère : elle est décédée à l’âge de 51 ans. Porter ce numéro est une manière de lui rendre hommage. Cela me donne de la force à chaque match".

Une phrase sans pathos, avec la même économie de gestes qui caractérise son football. Rebelote quand des journalistes saluent ses qualités défensives avec une réponse du même acabit : "Sans cette équipe, je ne serais pas un grand défenseur. Jouer avec Marquinhos, Nuno (Mendes)... Toute l'aide qu'on m'a donnée ici". Le gaucher s'est taillé une place de choix parmi les astres de la ligne de défense du club parisien.

À 24 ans, le précieux défenseur central du PSG s'apprête à disputer, samedi soir, à Budapest, sa deuxième finale de Ligue des champions consécutive. Championne d'Europe en titre, l'équipe de Luis Enrique affronte Arsenal, qui n'est pas là pour faire de la figuration. L'effectif coaché par Mikel Arteta est à un match – et pas des moindres – d'offrir au club londonien sa première Coupe aux grandes oreilles. Mais les Parisiens arrivent à la Puskas Arena avec la grinta du champion en titre et Pacho comme pilier de leur charnière défensive. Pour le gamin de Quinindé, c'était un parcours totalement inimaginable.

Une enfance dans la violence

Willian Pacho est né dans le plus grand dénuement près de la côte pacifique équatorienne, dans une province d’Esmeraldas en proie à la violence des narcotrafiquants et des gangs. "Mes premiers pas dans le football se sont passés dans le quartier où je vivais, et j’ai beaucoup appris de cela", raconte-t-il. Ses premiers matches officiels, il les dispute sous le maillot du Huracán de Quinindé, club amateur du coin.

Le tournant arrive à l'adolescence, quand Pacho est repéré par les recruteurs d'Independiente del Valle, club de la banlieue de Quito devenu en une décennie l'académie la plus réputée d'Équateur, celle qui a notamment formé le défenseur de Chelsea Moisés Caicedo et une génération entière de joueurs exportés dans les meilleures ligues européennes.

Ses entraîneurs remarquent très tôt le calme et la sérénité dégagés par le jeune joueur. À 20 ans, Willian Pacho traverse l'Atlantique pour rejoindre le Royal Antwerp, en Belgique. À Francfort, où il s'engage ensuite à l'été 2023, la Bundesliga le révèle au reste de l'Europe. L'été suivant, le PSG passe à l'action. Quarante-cinq millions d’euros plus tard, Pacho devient le premier Équatorien de l'histoire du club.

Derrière ce recrutement, il y a un pari : celui de Luis Campos, le conseiller sportif portugais du club parisien. Pour le journaliste sportif Karim Baldé, le recrutement avait pourtant de quoi interroger à l'époque. "C'était le point d'interrogation à son arrivée", dit-il. "Un transfert coûteux, un joueur peu connu du grand public, et un besoin précis à combler : trouver quelqu'un pour épauler Marquinhos, voire, à terme, lui succéder alors que Presnel Kimpembe enchaînait les pépins physiques."

"Le meilleur défenseur au monde"

Au fil du parcours en Ligue des champions l’an passé, Pacho devient de plus en plus indiscutable. "Le moment charnière, c'est autour du match contre Liverpool, estime Karim Baldé. Là, il prend vraiment sa place." Depuis, la paire Pacho-Marquinhos n'a plus bougé. Le défenseur équatorien confie lui-même ce que ce duo lui apporte :  "Marquinhos est une personne incroyable. Il m'a soutenu dès le premier jour. C'est un exemple par sa volonté de toujours gagner. Le fait qu'il parle espagnol a été crucial pour moi. Il m'aide à comprendre le jeu, à anticiper et à bien me placer", explique-t-il dans une interview pour le site de l’UEFA. Le Brésilien, de son côté, a publiquement décrit son partenaire comme le meilleur défenseur au monde.

En deux saisons, Pacho s'est imposé comme l’un des joueurs les plus utilisés par Luis Enrique, titulaire indiscutable et décisif lors de la victoire en finale contre l'Inter Milan, il devient le premier Équatorien de l'histoire à soulever la Ligue des champions.

La demi-finale contre le Bayern Munich a rappelé les limites de cette défense projetée vers l’avant. Paris a souffert. Mais Karim Baldé y lit autre chose : "Dans les alignements, notamment pour jouer le hors-jeu, les deux sont raccords. Du haut de la tribune, on voit la confiance qu'ils ont l'un envers l'autre. Quand il y a du pressing, Marquinhos cible rarement Pacho. C'est solide : c’est un gars sûr physiquement", tranche Karim Baldé.

L’Équatorien parle de Caicedo, son meilleur ami et coéquipier en sélection, comme d'"un monstre" sur le terrain. À eux deux, ils pourraient éblouir le monde lors de la Coupe du monde, face à la Mannschaft ou aux Éléphants ivoiriens. Avant cela, samedi soir à Budapest, Willian Pacho voudra terrasser Arsenal.