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Après la déroute électorale des travaillistes, Starmer veut un Royaume-Uni "au cœur de l'Europe"
Affaibli par des élections locales catastrophiques pour le Labour, marquées par une percée de l'extrême droite, le Premier ministre britannique Keir Starmer a promis lundi de "mettre le Royaume-Uni au cœur de l'Europe".  
Le Premier ministre britannique Keir Starmer prononce un discours lors d'un événement organisé par le Parti travailliste à Londres, au Royaume-Uni, le 11 mai 2026 © Elizabeth Piper, Reuters

Le Premier ⁠ministre britannique Keir Starmer ​est passé à la contre-offensive lundi 11 mai avec l'espoir de sauver son poste en promettant de replacer la Grande-Bretagne au coeur de ​l'Europe.

"Au prochain sommet européen, je rebâtirai nos relations avec l'Europe", a-t-il dit lors d'un discours prononcé à Londres. "Je veux un nouvel accord avec l'UE sur la jeunesse."

Le prochain Conseil européen est prévu les 18 et 19 juin.

Au pouvoir depuis ​juillet 2024, le ‌chef du gouvernement joue son va-tout pour demeurer au 10, Downing Street malgré la déroute ⁠historique du Parti travailliste aux élections locales du 7 mai, qui a relancé les appels à la démission au sein de son camp.

Le scrutin qui s'est déroulé ‌en Angleterre, Ecosse et Pays de Galles a mis en évidence la forte poussée du parti nationaliste ⁠UK Reform de Nigel Farage, l'un des artisans du Brexit qui brigue la victoire aux élections législatives prévues théoriquement en 2029.

Les sondages montrent que près de 60 % des Britanniques considèrent désormais que quitter l'Union ​européenne était une erreur. En 2016, 51,89 % des Britanniques s'étaient prononcés par référendum pour le "Brexit", ‌en vigueur depuis le 31 janvier 2020.

"Je sais que les gens sont déçus par l'état de la Grande-Bretagne. Déçus par la politique, et certains déçus par moi", a souligné Keir Starmer dans une nouvelle tentative de mea culpa.

"Je sais que j'ai des détracteurs ‌et je sais que je dois leur prouver qu'ils ont tort. Et je le ferai", a-t-il assuré.

"Dernière chance"

Keir Starmer se sait fortement contesté, au niveau national comme ​au sein de son parti.

Il a nommé samedi l'un de ses prédécesseurs, Gordon Brown, au poste de conseiller pour les questions financières internationales, espérant que la compétence reconnue de l'ancien dirigeant travailliste rejaillirait sur sa propre autorité.

Dimanche, son ​ancienne vice-Premier ministre Angela Rayner, désormais députée, a estimé dans une rare intervention publique que les travaillistes devaient saisir ​la "dernière chance" qui s'offre à eux de changer le cours d'une politique qui ​mécontente les électeurs.

Une autre élue travailliste, l'ancienne ministre Catherine West, a appelé à la démission de Keir Starmer, avertissant que si son discours ne répondait pas aux attentes, elle s'efforcerait ​d'impulser un vote interne contre le chef du gouvernement.

Aux termes du règlement du Parti travailliste, qui n'a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en 125 ans d'histoire, une motion de défiance à l'encontre du Premier ministre en place au profit d'un remplaçant doit recueillir l'assentiment de 20 % du groupe parlementaire, soit 81 députés.

Une perspective hautement improbable. Le nom d'Andy ⁠Burnham, maire du Grand-Manchester, circule au nombre des prétendants à la succession de Keir Starmer, mais n'étant pas un membre du Parlement, il ne ⁠peut se présenter contre lui.

Keir ​Starmer a déclaré dans son discours qu'il se battrait contre toute opposition interne si sa légitimité venait à être mise en cause.

Avec Reuters et AFP