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L'OMS, MSF et le CICR fustigent la généralisation des attaques contre les services de santé
Face à la prolifération des "violences visant les infrastructures, les moyens de transport et le personnel de santé" lors des conflits, les dirigeants de l'Organisation mondiale de la santé, du Comité international de la Croix-Rouge et de Médecins sans frontières dénoncent, dimanche dans une déclaration commune, "un échec de la volonté politique" et lancent un "appel urgent à l'action".
Un incendie ravage le service des urgences de l'hôpital Nasser, touché par une frappe aérienne israélienne, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, dimanche 23 mars 2025. © AFP (archives)

Un appel à protéger les services de santé lors des conflits a été lancé par les chefs de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de Médecins sans frontières (MSF). Ils dénoncent, dimanche 3 mai, "l'échec" en ce sens de la communauté internationale.

Il y a dix ans, rappellent-ils dans une déclaration commune, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait à l'unanimité la résolution 2286 qui condamne les attaques et les menaces visant les blessés et les malades, le personnel médical, les hôpitaux ainsi que les autres installations médicales.

"Aujourd'hui, la situation est encore pire qu'il y a dix ans. Nous ne célébrons pas une réussite, nous constatons un échec", dénoncent-ils, affirmant que "ce n'est pas un échec du droit" mais "de la volonté politique".

"Les violences visant les infrastructures, les moyens de transport et le personnel de santé se poursuivent sans relâche", soulignent-ils.

"Une crise de l'humanité"

En tant que dirigeants du CICR, de l'OMS et de MSF, ils indiquent se joindre "aux autres membres de la communauté internationale pour lancer un appel urgent à l'action".

"Lorsque les hôpitaux et les soignants sont pris pour cible, nous sommes confrontés non seulement à une crise humanitaire, mais aussi à une crise de l'humanité", affirment-ils.

Ils appellent les dirigeants du monde "à agir et à faire preuve de la volonté politique nécessaire pour mettre fin à cette violence" contre les soins de santé, notamment en renforçant leur protection et en s'assurant que des "enquêtes rapides, transparentes et impartiales" soient menées lorsqu'il y a des attaques.

"Les acteurs étatiques sont responsables de la grande majorité, environ 85 %, des incidents affectant les services de santé", avait indiqué cette semaine aux journalistes Michael Keeffe, conseiller CICR en matière de protection des services de santé.

Avec AFP