
Des affiches de campagne pour le référendum de redécoupage électoral à Burke, en Virginie (États-Unis). Les résultats ont commencé à être annoncés, mardi 21 avril 2026. © Alex Wong, Getty Images, AFP
Les électeurs de l'État américain de Virginie ont infligé un revers au président Donald Trump. Ils ont approuvé, mardi 21 avril, de justesse une nouvelle carte électorale favorable aux démocrates, lors d'un référendum vu comme une riposte au redécoupage exigé par Donald Trump dans plusieurs États républicains.
Le "oui" l'a emporté de peu dans cet État de la côte Est, selon les estimations de plusieurs médias américains, dont CNN et NBC News. Selon CNN, le "oui" a remporté 50,7 % des voix face au "non" qui a récolté 49,3 % des voix.
"Félicitations à la Virginie !", a lancé sur X l'ex-président démocrate Barack Obama, qui s'était directement investi dans la campagne. "Merci de nous montrer ce que signifie défendre notre démocratie et riposter."
"Les électeurs de Virginie se sont exprimés et, ce soir, ils ont tenu tête à un président qui prétend avoir 'droit' à davantage de sièges républicains au Congrès", s'est également félicitée, sur la même plateforme, la gouverneure démocrate de l'État, Abigail Spanberger.
Sur les onze députés que la Virginie compte au Congrès américain, six sont actuellement démocrates. Avec le nouveau découpage territorial proposé, l'espoir à gauche est de voir ce chiffre monter jusqu'à 10 lors des élections cruciales de mi-mandat en novembre.
L'artillerie lourde démocrate mobilisée
L'enjeu du scrutin – quatre sièges à la Chambre des représentants – fait que des millions de dollars avaient été dépensés par les deux camps, et que Donald Trump lui-même s'était immiscé dans la campagne.
Le président américain avait participé, par téléphone, à un meeting lundi soir, lors duquel il avait exhorté à voter "non". Après l'ouverture des bureaux de vote mardi matin, Donald Trump avait aussi appelé sur sa plateforme Truth Social à "sauver le pays", en rejetant l'initiative de l'opposition.
Côté démocrate, on avait aussi fait appel à de grands pontes du parti.
"J'habite en Virginie et je ne peux pas allumer ma télé sans voir cinq pubs d'Obama appelant au 'oui'", a raconté Larry Sabato.
Barack Obama reste une figure très populaire, à tel point que le camp adverse l'a aussi utilisé, en diffusant une vieille vidéo où l'ex-président démocrate critique le "gerrymandering".
Cette pratique consiste à redessiner les circonscriptions d'un État de manière à diluer le vote d'un parti, avec souvent pour résultat des contours géographiques ubuesques.
Une campagne de redécoupage amenée à se poursuivre
Donald Trump a ressorti en 2025 cette vieille recette de cuisine électorale, en exigeant auprès du Texas un redécoupage qui permettrait aux républicains de gagner cinq sièges au Congrès. L'Ohio et la Caroline du Nord ont suivi l'exemple texan et ont redessiné leur carte pour offrir une poignée de sièges supplémentaires au parti présidentiel.
Face à cette offensive, le Parti démocrate a décidé de riposter et de procéder à son propre redécoupage dans certains États, principalement en Californie.
Dans cet État qui vote très largement à gauche, une nouvelle carte a été facilement approuvée par référendum en novembre dernier, et devrait permettre d'annuler les gains républicains au Texas.
Mais en Virginie, les responsables démocrates faisaient face a priori à un résultat bien plus incertain qu'en Californie.
"J'ai voté 'non'", a expliqué mardi Corey Crouch, un électeur de Virginie à la sortie d'un bureau de vote.
"Je ne regarde pas ce que les autres États font", a-t-il dit à la chaîne CBS News, ajoutant : "Je ne pense pas qu'on ait besoin de réarranger les cartes."
Le politologue Larry Sabato a, en outre, expliqué qu'"il existe une part de démocrates qui sont fondamentalement opposés au 'gerrymandering' et qui disent qu'on ne guérit pas le mal par le mal".
Finalement, les électeurs de Virginie ont repoussé ces arguments et décidé de répondre aux initiatives des républicains dans d'autres États. Mais la campagne de redécoupage aux États-Unis ne devrait pas s'arrêter là : selon la presse américaine, le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, envisageait avant le vote en Virginie de redessiner à son tour la carte de son État si le "oui" venait à l'emporter.
Avec AFP
