
Donald Trump a annoncé le prolongement de la trêve avec l'Iran sur son réseau social, Truth, mardi 21 avril 2026. © Alex Brandon, AP
À quelques heures de la fin du compte à rebours, Donald Trump s'est résolu, mardi 21 avril, à prolonger jusqu'à nouvel ordre la trêve observée avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.
Deux semaines après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, l'Iran avait averti que la trêve arriverait selon lui à échéance dès minuit GMT dans la nuit de mardi à mercredi, tandis que le président américain évoquait mercredi soir, heure de Washington.
À suivre En direct : Donald Trump prolonge le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre
Mais plusieurs minutes après minuit GMT, aucun incident majeur n'avait été signalé dans la région.
Invoquant des divisions au sommet du pouvoir iranien, le milliardaire républicain avait annoncé auparavant sur son réseau Truth Social qu'il prolongeait l'arrêt des combats à la demande des médiateurs pakistanais, jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition" visant à mettre fin au conflit.
Pas plus tard que lundi, il avait encore jugé "hautement improbable" une prolongation du cessez-le-feu. En attendant, le blocus des ports iraniens va se poursuivre, a-t-il souligné mardi.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays fait office de médiateur, a salué l'extension du cessez-le-feu. "J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un 'accord de paix' lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement un terme au conflit", a-t-il écrit sur X.
Le chef de l'ONU, Antonio Guterres, s'est lui félicité de l'annonce et a évoqué une "avancée importante vers la désescalade", selon un communiqué de son porte-parole.
Pas de date pour la reprise des négociations
Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.
La Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président J.D. Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.
"À la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les États-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.
La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.
Menaces des Gardiens de la Révolution
Avant l'annonce de Donald Trump, Téhéran avait menacé de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.
"Nos voisins du sud doivent savoir que si leur territoire et leurs installations sont mis au service des ennemis pour attaquer la nation iranienne, ils peuvent dire adieu à la production pétrolière au Moyen-Orient", avaient averti les Gardiens de la Révolution.
Avant ces menaces, les cours du pétrole, mis sous tension par le bouclage du détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième de l'approvisionnement mondial, étaient déjà repartis à la hausse, gagnant environ 3 %.
L'Iran sait comment "résister aux intimidations", avait prévenu son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, dénonçant le blocus américain des ports du pays, "un acte de guerre et donc une violation du cessez-le-feu".
Avant d'annoncer l'extension de la trêve, Donald Trump a demandé à Téhéran de "libérer" plusieurs femmes qui seraient menacées d'exécution. Ce serait un "très bon début pour les négociations", avait-il estimé. L'Agence France-Presse (AFP) n'était pas en mesure de confirmer ces menaces d'exécution, ni l'identité des femmes dont le président américain a reproduit les photographies à l'appui de sa demande. L'Iran a démenti toute menace d'exécution les concernant.
À Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi après plusieurs semaines, la vie a repris son cours.
Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans, savoure le répit apporté par la trêve. "Je suis sortie sans me stresser (...) je suis allée dans les cafés, restaurants, ici et là", raconte la jeune femme, rencontrée par l'AFP dans une rue de la capitale.
Mais pour Saghar, 39 ans, interrogée depuis Paris, "il n'y a pas de lumière au bout du tunnel". "La situation économique est horrible" et le pouvoir arrête des gens "pour rien. Les exécutions se multiplient".
Avec AFP
