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Dans la tourmente de l'affaire Mandelson Epstein, Keir Starmer face aux députés britanniques
Le Premier ministre britannique Keir Starmer se présente lundi devant le Parlement, pour tenter d'apaiser la colère déclenchée par un nouvel épisode dans l'affaire Peter Mandelson. Ce haut membre du Parti travailliste avait été nomméambassadeur aux États-Unis malgré ses liens avec Jeffrey Epstein.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer (à gauche), le 30 septembre 2025 à Liverpool, et l'ex-ambassadeur britannique à Washington Peter Mandelson, le 26 septembre 2021 à Brighton © Oli SCARFF, Justin TALLIS / AFP/Archives

Le Premier ministre britannique Keir Starmer de nouveau sur la sellette ? Le dirigeant travailliste, très impopulaire, doit s'exprimer, lundi 20 avril, devant le Parlement britannique pour mettre fin à l'affaire Mandelson et faire taire les appels à démissionner. Il a promis de présenter "tous les faits dans une transparence totale" devant la Chambre des communes, où il va faire une déclaration vers 14 h 30 GMT avant d'être interrogé par les députés.

Keir Starmer est fragilisé depuis plusieurs mois en raison de sa décision de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington avant de le limoger en septembre dernier. Il l'accuse d'avoir "menti de manière répétée" sur l'étendue de ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

L'affaire a rebondi jeudi quand le journal The Guardian a révélé que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Peter Mandelson pour ce poste en janvier 2025, malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents.

Keir Starmer a affirmé ne pas avoir été informé de cet avis défavorable avant mardi dernier, déclenchant aussitôt des accusations de mensonge.

En février, il avait déclaré devant les députés que "toutes les procédures requises" avaient été respectées lors de l'examen du dossier de Peter Mandelson.

Dans la tourmente de l'affaire Mandelson Epstein, Keir Starmer face aux députés britanniques
L'ex-ambassadeur britannique à Washington Peter Mandelson, le 11 mars 2026 à Londres © JUSTIN TALLIS / AFP/Archives

Keir Starmer a jugé "totalement inacceptable" et "impardonnable" de ne pas avoir eu toutes les informations. Il a aussi affirmé que ses ministres et Downing Street avaient été laissés dans l'ignorance.

Bouc émissaire

Keir Starmer a reproché aux responsables du ministère des Affaires étrangères d'avoir autorisé cette nomination malgré l'avis défavorable.

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Olly Robbins, ancien plus haut fonctionnaire des services diplomatiques britanniques, le 22 mars 2019 à Londres © Tolga AKMEN / AFP/Archives

Quelques heures après les révélations du Guardian, jeudi soir, Keir Starmer a limogé le plus haut fonctionnaire à la tête des services diplomatiques, Olly Robbins.

Ce dernier pourra donner sa version des faits mardi, quand il s'exprimera devant une commission parlementaire.

Plusieurs anciens hauts fonctionnaires ont accusé Keir Starmer d'avoir fait d'Olly Robbins un bouc émissaire.

Les dirigeants de l'opposition ont appelé à la démission le Premier ministre, arrivé au pouvoir en juillet 2024 avec une très large majorité.

Il est "faible, fainéant et incompétent", a encore attaqué dimanche Kemi Badenoch, la cheffe des conservateurs.

Son équipe gouvernementale a pris sa défense au cours du week-end.

Le vice-Premier ministre David Lammy a affirmé dans une interview au Guardian que Keir Starmer "n'aurait jamais, au grand jamais, nommé" Peter Mandelson s'il avait su que celui-ci n'avait pas passé le contrôle de sécurité.

David Lammy, qui était chef de la diplomatie lors de cette nomination, a affirmé ne pas avoir eu connaissance de l'avis défavorable.

"Je pense que (Keir Starmer) est un homme honnête et intègre qui reconnaît que la nomination (de Mandelson) était une erreur ", a déclaré la ministre de la Technologie Liz Kendall à Sky News.

Keir Starmer avait été prévenu du "risque réputationnel" posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer, selon des documents officiels publiés en mars.

L'affaire Mandelson avait déjà poussé en février Keir Starmer à présenter ses excuses et exprimer ses regrets d'avoir nommé Peter Mandelson. Son chef de cabinet comme son directeur de la communication avaient alors démissionné.

Si Keir Starmer parvient à convaincre les députés, le répit risque d'être de courte durée pour lui : il s'apprête à affronter début mai des élections locales qui s'annoncent très difficiles pour le parti travailliste.

(AFP)