
Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, photographié, ici, auprès de patientes au Soudan du Sud, le 21 février 2026. © Florence Miettaux, AP (illustration)
Près de 700 civils ont été tués par des frappes de drones depuis janvier au Soudan a rapporté, mardi 14 avril, le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.
"Au cours des trois premiers mois de cette année, près de 700 civils auraient été tués lors de frappes de drones", a-t-il déclaré dans un communiqué, estimant que le "sombre anniversaire" du conflit qui a éclaté en avril 2023 "marque une année de plus où la communauté internationale a failli à sa mission face à la crise soudanaise".
Le Soudan est en proie depuis le 15 avril 2023 à une guerre sanglante entre l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du pays depuis le coup d'Etat de 2021, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), du général Mohamed Hamdane Daglo, son ancien adjoint.
Le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 11 millions de déplacés et plongé plusieurs régions dans la faim et la famine selon l'Onu.
Une réponse humanitaire "cruellement sous-financée"
"Près de 34 millions de personnes - soit près des deux tiers de la population - ont besoin d'aide humanitaire : il s'agit de la plus grave crise humanitaire au monde", a insisté Tom Fletcher.
D'après l'ONU, plus de 21 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et les deux tiers de la population ont un besoin urgent d'assistance, alors que les combats s'intensifient au Kordofan (centre) et dans l'État du Nil Bleu (sud-est).
"Les femmes et les filles sont victimes de violences sexuelles systémiques et brutales (...) Des millions de personnes ont été chassées de leurs foyers à travers le Soudan et au-delà de ses frontières", a ajouté M. Fletcher.
Le chef des opérations humanitaires a rappelé que l'objectif cette année était de venir en aide à 20 millions de personnes au Soudan.
"Mais la réponse humanitaire est cruellement sous-financée. Il est urgent d'agir : mettre fin aux violences, protéger les civils, garantir l'accès aux communautés les plus menacées et financer la riposte", a-t-il exhorté, alors que des donateurs doivent se réunir à Berlin, mercredi 15 avril, pour une conférence internationale visant à relancer des pourparlers et permettre de répondre à la crise humanitaire.
Avec AFP
