
La centrale électrique de Mill Creek, une centrale à charbon située à Louisville, dans le Kentucky (États-Unis), vue le 14 février 2026 depuis Elizabeth, dans l'Indiana. Image d'illustration. © Jon Cherry, Getty Images via AFP
Emmanuel Macron se rend mardi 7 avril à Lyon pour participer à un sommet international organisé par la France autour de thématiques "One Health", un concept visant à réunir santé et environnement autour d'une approche commune.
"On ne peut pas traiter tous ces sujets de manière séparée et c'est l'enjeu de ce sommet", a expliqué l'Élysée à la presse. "Si on veut améliorer durablement la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète."
Le sommet a débuté lundi par un colloque rassemblant des centaines de scientifiques. "En réunissant l'ensemble des disciplines et des expertises, nous avons posé les bases d'une approche véritablement intégrée de la santé, capable de répondre aux défis sanitaires contemporains", a estimé Philippe Baptiste, le ministre de la Recherche, dans un communiqué.
Un nombre de participants réduit
Mais c'est la journée de clôture, mardi, qui s'annonce la plus politique, avec l'arrivée sur place d'Emmanuel Macron.
Depuis le début de sa présidence en 2017, le chef de l'État a régulièrement organisé des sommets "One Planet" pour aborder des thématiques environnementales au niveau international. Celui-ci est le premier consacré aux sujets "One Health".
Cette approche, en plein essor depuis plusieurs années dans le monde de la santé publique, vise à aborder simultanément des enjeux sanitaires aux niveaux humain, animal et environnemental, prenant acte de leur interdépendance.
Au programme, trois grands axes : l'amélioration de la coopération internationale – partage de données, recherche... –, la lutte contre les maladies infectieuses d'origine animale, rendue emblématique par la pandémie de Covid-19, et celle contre des pathologies auxquelles l'environnement peut contribuer, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires.
L'ampleur du sommet reste toutefois limitée au niveau des États participants, dont le nombre s'est peu à peu réduit au fil des événements "One Planet".
Cette fois, les ministres d'une vingtaine de pays seront présents, notamment lors de sessions thématiques le mardi matin. Au programme : maladies transmises des animaux à l'humain, résistance aux antibiotiques, alimentation et pollutions.
Au plus haut niveau, le sommet accueillera les dirigeants de quatre pays, mis à part Emmanuel Macron : le Botswana, le Cambodge, le Ghana et la Mongolie.
La France "fait en coulisses l'exact contraire de ce qu'elle promeut"
"L'après-midi, on aura cette séquence vraiment de haut niveau avec les chefs d'État", a résumé l'Élysée. Emmanuel Macron participera d'abord à une réunion sur "la réforme de l'architecture de la santé mondiale", avec notamment l'Organisation mondiale de la santé (OMS), puis interviendra publiquement à plusieurs reprises, notamment lors de la clôture du sommet en fin de journée.
Pour quelle issue concrète ? L'Élysée a admis que le sommet se tenait dans un contexte "où le multilatéralisme est assez challengé" sur fond notamment de guerre au Moyen-Orient. "Les questions sécuritaires sont au cœur de l'agenda (et) les questions sanitaires vont devoir trouver leur place dans tout cela", a reconnu la présidence de la République.
La France tient par ailleurs ce sommet au moment même où elle réduit fortement ses financements à la santé mondiale, comme de multiples pays développés, à commencer par les États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
"Il y a un contexte budgétaire qui est très compliqué" mais "ce sommet n'est pas du tout incohérent", s'est justifié l'Élysée. "Politiquement, on est là. Financièrement, on essaie de continuer à être là."
Certaines ONG accueillent toutefois fraîchement ce sommet, telle Coalition PLUS, qui rassemble plusieurs organisations emblématiques de la lutte contre le VIH.
"Un tel sommet tout en coupant les vivres à la lutte (...) constitue non seulement une incohérence majeure, mais surtout un renoncement stratégique", a réagi Vincent Leclercq, son directeur général, auprès de l'AFP. La France "fait en coulisses l'exact contraire de ce qu'elle promeut", a renchéri dans un communiqué Médecins sans frontières (MSF).
Avec AFP
