
Le sous-marin américain USS Minnesota, de la classe Virginia, naviguant au large des côtes australiennes, le 16 mars 2025. © Colin Murty, AFP (illustration)
L'Australie ne recevra que trois sous-marins nucléaires américains d'occasion dans le cadre de l'accord Aukus, conclu en 2021, une décision qualifiée, dimanche 31 mai, de mesure "rentable" par le ministre de la Défense Richard Marles.
Les deux pays – avec leur troisième partenaire au sein de leur pacte de sécurité, le Royaume-Uni – se sont réunis au Dialogue de Shangri-La à Singapour, qui rassemble des responsables de la défense et des experts d'une quarantaine de pays.
Dans le cadre de leur accord, l'Australie doit recevoir au moins trois sous-marins nucléaires dits de classe Virginia en provenance des États-Unis d'ici 15 ans. Canberra s'attendait à recevoir deux sous-marins d'occasion et un neuf, mais les pays ont annoncé samedi que les trois submersibles seraient finalement des unités déjà en service issues de la flotte de l'US Navy.
En 2021, l'Australie avait décidé d'annuler un contrat avec la France de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d'euros), comprenant la commande de douze sous-marins à propulsion classique de la classe Barracuda au groupe français Naval, surnommée le "contrat du siècle" lors de sa signature en 2019.
Interrogé sur les raisons de cet ajustement, Richard Marles, qui est également vice-Premier ministre, a indiqué dimanche aux journalistes que cette option serait plus rentable.
"Dans le contexte d'un projet très complexe, nous devons accorder une importance primordiale à la simplicité", a-t-il déclaré, ajoutant que les sous-marins seraient en outre tous du même modèle.
"Je ne peux pas surestimer l'importance de cet élément, tant pour les sous-mariniers qui les exploitent que pour les personnes qui travaillent à leur maintenance", a-t-il ajouté.
"C'est clairement rentable"
"C'est clairement rentable. Et pour être clair, il s'agit d'un programme très coûteux, (...) nous essayons donc de trouver toutes les options les plus économiques possibles tout au long de ce parcours."
Dans une déclaration commune publiée samedi, Richard Marles, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth et son homologue britannique John Healey ont confirmé l'ajustement de l'accord sur les sous-marins.
"Le vice-Premier ministre et les secrétaires ont salué l'approche proposée visant à rationaliser l'acquisition par l'Australie de sous-marins de classe Virginia (VCS), en simplifiant la gestion de la chaîne d'approvisionnement et les exigences opérationnelles et de maintenance, et en optimisant les coûts", indique le communiqué.
"Cette approche permettrait à l'Australie d'acquérir trois VCS en service au lieu d'un mélange de VCS neufs et en service."
La marine américaine dispose de 24 bâtiments de classe Virginia, mais les chantiers navals américains peinent à atteindre les objectifs de production fixés à deux nouveaux sous-marins par an.
Aux États-Unis, des voix se sont élevées pour demander pourquoi Washington vendrait des sous-marins à propulsion nucléaire à l'Australie sans d'abord reconstituer ses propres forces militaires.
Le programme de sous-marins Aukus est au cœur de la stratégie de défense australienne et pourrait coûter jusqu'à 235 milliards de dollars américains sur 30 ans, selon les prévisions du gouvernement.
Avec AFP
