
Des manifestants brandissent des pancartes devant les bureaux de la Croix-Rouge à Ramallah, en Cisjordanie occupée par Israël, le 31 mars 2026, contre la loi israélienne sur la peine de mort. © Zain Jaafar, AFP
La Commission européenne a vivement critiqué, mardi 31 mars, la nouvelle loi israélienne sur la peine de mort, taillée sur mesure pour ne s'appliquer qu'aux Palestiniens.
"Il s'agit clairement d'un net recul : tant l'introduction de la peine de mort, que le caractère discriminatoire de la loi", a dénoncé un porte-parole, Anouar El Anouni.
Le parlement israélien a adopté, lundi soir, cette loi instaurant "la peine de mort pour les terroristes", taillée sur mesure pour ne s'appliquer qu'aux Palestiniens reconnus coupables d'attaques anti-israéliennes meurtrières. La proposition, introduite par des députés d'un parti d'extrême droite membre de la coalition gouvernementale du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a été adoptée définitivement par 62 voix contre 48. Benjamin Netanyahu a voté en sa faveur.
Déjà dénoncé dimanche par Berlin, Londres, Paris et Rome notamment, qui avaient appelé la Knesset à renoncer à un projet susceptible de "remettre en cause les engagements d'Israël en matière de principes démocratiques", les réactions se sont ainsi multipliés mardi.
"Un pas de plus vers l'apartheid"
Berlin s'en tient au "rejet de la peine de mort" et estime que la loi adoptée par le parlement israélien s'appliquera "vraisemblablement exclusivement aux Palestiniens dans les Territoires palestiniens", a critiqué le porte-parole du gouvernement dans un communiqué.
C'est "un pas de plus vers l'apartheid", a de son côté dénoncé le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez. "Il s'agit d'une mesure asymétrique qui ne s'appliquerait pas aux Israéliens qui commettraient les mêmes délits. Même crime, peine différente. Ce n'est pas de la justice", a-t-il indiqué sur X. "Le monde ne peut pas se taire", a-t-il conclu.
À rebours de ces positions, les États-Unis quant à eux ont réagi disant "respecter le droit souverain d'Israël à fixer ses propres lois et sanctions à l'encontre des personnes reconnues coupable de terrorisme", selon la déclaration d'un porte-parole du département d'État.
Le vote de la Knesset est intervenu alors qu'Israël a récemment pris une série de mesures visant à accroître son contrôle sur la Cisjordanie, qu'elle occupe depuis 1967, et dans un contexte de multiplication des attaques menées par des colons israéliens dans le territoire.
La peine de mort existe en Israël, mais n'a été appliquée qu'à deux reprises : en 1948, peu après la création de l'État, contre un capitaine de l'armée accusé de haute trahison et en 1962, lorsque le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann a été pendu.
Avec AFP
