logo

Quels sont les principaux points de l'accord commercial entre l'Australie et l'Union européenne ?
L'UE et l'Australie ont scellé mardi, à Canberra, un accord de libre-échange censé dynamiser leurs échanges, mais qui provoque la colère des syndicats agricoles en Europe. Il doit encore être validé par le Conseil européen. Voici les principaux points de cet accord.
Des bovins nourris au parc d'engraissement de Gundamain, à Eugowra, en Australie, le 18 novembre 2025. © Hollie Adams, Reuters

Viande, appellations protégées, voitures électriques ou minéraux critiques : l'Australie et l'Union européenne (UE) ont signé, mardi 24 mars à Canberra, un vaste accord de libre-échange qui entrera en vigueur après l'approbation du Conseil européen.

L'acier en est exclu, alors que la sidérurgie européenne est en grande difficulté.

Canberra calcule que l'accord pourrait ajouter 7,8 milliards de dollars australiens supplémentaires (4,7 milliards d'euros) au PIB australien d'ici à 2030. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l'a qualifié d'"accord gagnant-gagnant". Les échanges commerciaux entre l'UE et l'Australie se sont élevés à 49,4 milliards d'euros en 2024.

De leur côté, les principaux syndicats agricoles d'Europe ont dénoncé les "concessions inacceptables" faites à l'Australie pour des filières sensibles comme le bœuf, la viande ovine, le sucre et le riz. Malgré des quotas détaxés limités, ils soulignent "l'effet cumulatif" des accords commerciaux avec le Mercosur, puis l'Australie. "La série noire se poursuit pour l'agriculture européenne", a déploré le Copa-Cogeca, le lobby agricole européen.

  • Viande

Le quota de bœuf australien autorisé à entrer sur le marché de l'UE sera, au cours de la prochaine décennie, multiplié par plus de 10 par rapport à son niveau actuel.

Ce quota de 30 600 tonnes a été un point de blocage clé pendant les négociations. Il comprendra 55 % de bœuf pâturage exonéré de droits de douane et 45 % soumis à un droit réduit de 7,5 %.

Seulement un tiers du quota sera appliqué pendant les cinq premières années, avant une entrée en vigueur complète.

Sur ce point, l'accord se rapproche davantage de la position européenne qui voulait une limite de 30 000 tonnes, contre le chiffre de 40 000 tonnes souhaité par les éleveurs australiens.

L'UE autorisera aussi l'entrée de 25 000 tonnes de viande australienne de mouton et de chèvre issue d'animaux nourris à l'herbe, avec une mise en place progressive sur sept ans.

  • Appellations géographiques

L'accord inclut également les appellations géographiques européennes, farouchement défendues en UE, qui, du champagne français au whiskey irlandais, étaient un important point d'achoppement.

Les viticulteurs australiens pourront utiliser le terme "prosecco" pour leur vin mousseux sur leur marché intérieur, mais devront cesser de l'utiliser dans le cadre de leurs exportations au bout de dix ans.

L'Australie sera autorisée à continuer d'utiliser certaines appellations géographiques, telles que feta et gruyère, lorsque les producteurs utilisent ces appellations depuis au moins cinq ans.

Ceux qui n'ont pas passé cette barre devront changer de nom – notamment l'ouzo (alcool grec) produit en Australie et le fromage italien Fontina.

"Les producteurs australiens de parmesan seront satisfaits, ceux de feta et de gruyère ne le seront pas", affirme Lisa Toohey de l'université de New South Wales, interrogée par l'Agence France-Presse (AFP).

Quels sont les principaux points de l'accord commercial entre l'Australie et l'Union européenne ?
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre australien, Anthony Albanese, lors d'une conférence de presse conjointe au Parlement à Canberra, le 24 mars 2026. © David Gray, AFP

À l'inverse, les agriculteurs et entreprises agroalimentaires européens bénéficieront d'un meilleur accès au marché australien.

Les droits de douane seront supprimés sur des exportations européennes clés comme le fromage, le vin, les fruits et légumes, et le chocolat. Cela fera économiser un milliard d'euros de droits aux agriculteurs européens, a indiqué Ursula von der Leyen.

  • Véhicules électriques

Les constructeurs automobiles européens bénéficieront du relèvement du seuil de la taxe australienne sur les voitures de luxe pour les véhicules électriques à plus de 120 000 dollars australiens (72 100 euros), ce qui permettra aux trois quarts des véhicules électriques d'en être exonérés.

Les négociateurs européens n'ont toutefois pas entièrement obtenu gain de cause, puisqu'ils espéraient que l'Australie supprimerait sa taxe sur les voitures de luxe, qui implique un droit de 33 % sur les véhicules au-delà d'un certain prix.

Parallèlement, un droit de douane de 5 % sur toutes les importations de voitures européennes sera également supprimé. Cela contribuera à réduire les coûts et à "accroître l'adoption des véhicules électriques", a indiqué Canberra, alors que le pays cherche à atteindre la neutralité carbone au cours des prochaines décennies.

  • Minéraux critiques

Canberra a annoncé la "suppression" des droits de douane sur ses exportations de minéraux critiques.

L'accord vise ainsi à permettre à l'UE un meilleur accès aux minéraux critiques, notamment l'aluminium, le lithium et le manganèse.

Les minéraux critiques sont nécessaires aux technologies propres comme les éoliennes et les batteries de voitures électriques. L'Australie en possède d'abondants gisements.

Avec AFP