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Un juge fédéral annule des mesures restrictives du Pentagone visant la presse
Coup d’arrêt pour le Pentagone : un juge fédéral américain a bloqué, vendredi, une politique controversée à l'égard de la presse. Les mesures, rejetées par des médias américains et internationaux, violent la liberté d’expression garantie par la Constitution américaine, a expliqué le juge.
Illustration montrant une figurine, imprimée en 3D, représentant le président Donald Trump ainsi que le logo du ministère américain de la Guerre. © Dado Ruvic, Reuters

Aux États-Unis, un juge fédéral a bloqué, vendredi 21 mars, la nouvelle politique du Pentagone limitant l'accès de la presse, qui s'est soldée par le retrait des accréditations de la plupart des grands médias américains.

Saisi par le New York Times en décembre, il a conclut qu'une bonne partie de cette nouvelle politique en matière d'accréditations "viole" plusieurs amendements à la Constitution américaine, notamment le Premier, garantissant la liberté d'expression.

Dans un document publié en octobre et presque unanimement rejeté par la presse américaine et internationale, le ministère de la Défense demandait aux journalistes accrédités de ne plus solliciter ni publier certaines informations sans autorisation explicite de sa part, au risque de perdre leur accréditation.

"Ceux qui ont rédigé le Premier amendement pensaient que la sécurité d'une nation exigeait une presse libre et un peuple informé et que cette sécurité était mise en péril en cas de répression par le gouvernement du discours politique", écrit le juge dans sa décision.

"Ce principe a préservé la sécurité de la nation pendant presque 250 ans. Il ne doit pas être abandonné maintenant", ajoute-t-il.

"Le tribunal est conscient que la sécurité nationale doit être protégée, de même que la sécurité de nos troupes et les plans de guerre", explique le magistrat. 

Déplacements restreints

"Mais en particulier à la lumière de la récente incursion au Venezuela (en janvier, NDLR) et de la guerre en cours en Iran, il est plus important que jamais que la population ait accès à une information de perspectives diverses pour savoir ce que son gouvernement est en train de faire", souligne-t-il.

"De sorte que la population puisse soutenir les politiques du gouvernement si elle le veut, manifester contre si elle veut manifester, et décider sur la base d'une information complète et ouverte pour qui elle votera à la prochaine élection", poursuit le juge.

Il ordonne au Pentagone de rendre immédiatement à sept journalistes du New York Times l'accréditation dont ils bénéficiaient avant la mise en œuvre de cette politique en octobre.

L'association de la presse du Pentagone a salué la décision de justice, évoquant dans un communiqué "un grand jour pour la liberté de la presse (...). Nous sommes impatients de retourner au Pentagone et de fournir au public, y compris aux militaires actuellement engagés dans des conflits à travers le monde, des informations sur pourquoi et comment le ministère de la Défense fait la guerre". 

Ces mesures s'inscrivent dans une offensive plus large, menée depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, restreignant l'accès des journalistes au Pentagone, le premier employeur du pays avec un budget annuel de plusieurs centaines de milliards de dollars.

Dans les mois précédents, le ministère de la Défense, rebaptisé ministère de la Guerre par l'administration Trump, a délogé de leurs bureaux dédiés au Pentagone huit médias, dont le New York Times, le Washington Post et CNN.

Le ministère a également restreint les déplacements des journalistes à l'intérieur du bâtiment du Pentagone, en leur imposant d'être escortés en dehors d'un nombre limité de zones.

Avec AFP