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Football : 1970, 1986, 1994, des Mondiaux de légende au Mexique et aux États-Unis
Mexique 1970 et 1986, États-Unis 1994 : ces Coupes du monde ont marqué l'histoire du football. À partir du 11 juin, le Mondial revient en Amérique du Nord dans trois pays en même temps : Mexique, Canada et États-Unis – une première. Retour sur ces compétitions qui sont restées dans les annales du ballon rond.
Pelé après la victoire du Brésil au Mondial-1970, Maradona après celle de l'Argentine en 1986 et Mauro Silva après celle du Brésil en 1994. © Studio graphique FMM

La Coupe du monde 2026 se tient du 11 juin au 19 juillet 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Ce n'est pas la première fois que l'Amérique du Nord accueille la compétition. Le Mondial s'est déjà déroulé au Mexique en 1970 et 1986, ainsi qu'aux États-Unis en 1994. Ces éditions ont été marquées par les exploits des légendes Pelé, Maradona ou encore Romario. 

Le Mondial 1970 au Mexique : un troisième titre historique pour Pelé

La toute première Coupe du monde s'est déroulée en 1930 sur le continent américain, avec une édition organisée par l'Uruguay. Mais il aura fallu attendre 1970 et le Mexique pour que le Mondial s'invite en Amérique du Nord. Encore aujourd'hui, ce tournoi est considéré comme l'un des plus beaux de tous les temps.

Quatre ans après le triomphe de l'Angleterre à domicile, le roi Pelé, blessé lors du Mondial 1966, entend bien prendre sa revanche. Après une pause de deux ans en sélection nationale, l'attaquant brésilien entend récupérer son trône au Mexique.

La Seleção a de quoi faire rêver. Elle compte dans ses rangs Gerson, Rivelino, Tostao, Jairzinho et bien entendu Pelé. Une équipe de rêve qui démarre la compétition en battant en phase de poules, les Anglais, champions en titre (1-0). 

Football : 1970, 1986, 1994, des Mondiaux de légende au Mexique et aux États-Unis
Le capitaine brésilien Torres Carlos Alberto (à gauche) serre la main du capitaine anglais Bobby Moore avant le début de leur match de Coupe du monde, au stade de Guadalajara, au Mexique, le 7 juin 1970. Le Brésil a battu l'Angleterre sur le score de 1-0. AP

Hôte de la compétition, le Mexique fait aussi sensation en se qualifiant pour les quarts de finale. Mais les Mexicains sont éliminés au tour suivant par l'Italie (4-1), elle aussi en mode "dream team" avec Giacinto Facchetti, Luigi Riva, Sandro Mazzola, Gianni Rivera et Roberto Boninsegna.

L'Angleterre se voit en revanche trop belle. Face à la RFA, alors que les Three Lions mènent (2-0), le sélectionneur Alf Ramsey décide de sortir la star Bobby Charlton pour l'épargner pour la suite de la compétition. Mais sans leur maître à jouer, les Anglais sombrent face aux coéquipiers de Franz Beckenbauer et s'inclinent finalement en prolongations 3-2. 

En demi-finale, la Squadra azzurra et la Mannschaft disputent l'un des plus grands matches de l'histoire de la Coupe du monde devant les 102 000 spectateurs du stade Azteca de Mexico. Au terme du temps réglementaire où les deux équipes se neutralisent (1-1, égalisation à la 90ᵉ de la RFA), la prolongation devient folle : Italiens et Allemands se rendent coup pour coup. La légende Beckenbauer, touché à la clavicule, termine même la rencontre le bras en écharpe, le quota de remplacements autorisés ayant été atteint. Mais son courage ne paie pas. L'Italie décroche son billet pour la finale 4-3 grâce à un but de Rivera à la 111ᵉ minute.

360 Quatrième but de l'Italie marqué par Gianni Rivera (à gauche) lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football opposant l'Allemagne de l'Ouest à l'Italie à Mexico, le 17 juin 1970. De gauche à droite : Rivera, le capitaine ouest-allemand Franz Beckenbauer, l'Italien Gigi Riva, l'Allemand Berti Vogts et le gardien allemand Sepp Maier. L'Italie a battu l'Allemagne de l'Ouest 4-3 après prolongation. AP - Foggia

En finale, la Nazionale retrouve le Brésil. La Seleção frappe la première grâce à une tête de Pelé à la 18ᵉ minute. Les Italiens reviennent à égalité avant la mi-temps, mais finissent par craquer au retour des vestiaires. Les Brésiliens font parler leur créativité et inscrivent trois buts pour remporter le titre (4-1). Le quatrième, signé Carlos Alberto, est d'ailleurs considéré comme l'une des plus belles réalisations lors d'un Mondial. Porté en triomphe par ses coéquipiers, Pelé entre dans la légende en devenant le premier et unique joueur à avoir remporté trois fois le trophée.

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Sur cette photo d'archives du 21 juin 1970, Pelé, de l'équipe du Brésil, brandit le trophée Jules Rimet ou trophée de la Coupe du monde de la FIFA, après la victoire 4-1 du Brésil contre l'Italie lors de la Coupe du monde au stade Azteca de Mexico. AP

Le Mondial 1986 au Mexique : Maradona et "la main de Dieu"

Le Mexique ne tarde pas à organiser de nouveau le Mondial. Seize ans plus tard, la compétition revient dans le pays à la faveur d'un désistement de la Colombie, alors même qu'un violent séisme meurtrier en 1985 a semé le doute sur sa capacité à accueillir l'événement.

Lors de la phase de poules, le Maroc, pour sa deuxième participation à une Coupe du monde après celle de 1970, crée l'événement en devenant la première équipe africaine à s'extirper de la phase de poules. Les Lions de l'Atlas terminent même premiers de leur groupe, devant l'Angleterre. Mais en 8es de finale, les Marocains s'inclinent d'un petit but face à la RFA (1-0).

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211 L'Anglais Gary Lineker (à gauche) et le Marocain Khairi Abderrazak se disputent le ballon lors du match de football Angleterre-Maroc, comptant pour le groupe F de la Coupe du monde, à Monterrey (Mexique), le 6 juin 1986. La rencontre s'est soldée par un match nul 0-0. ASSOCIATED PRESS

Au tour suivant, ce sont les Bleus qui réalisent une prestation d'anthologie. Champions d'Europe en titre, ils livrent l'un des meilleurs matches de leur histoire contre le Brésil. Après l'ouverture du score de Careca, Michel Platini égalise avant la mi-temps. Les deux équipes n'arrivent pas à se départager. La séance de tirs au but sourit finalement aux hommes d'Henri Michel qui se qualifient pour le dernier carré  (4-3). En dépit de ce triomphe historique, la sélection tricolore échoue une nouvelle fois contre la RFA en demi-finale, après l'échec de Séville en 1982 (2-0).

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242 Le joueur français Michel Platini (R) se bat pour le ballon contre ses adversaires brésiliens Alemao (2e à droite) et Junior (Leovegildo Lins da Gama Junior, à gauche), lors du match de football de la Coupe du monde entre la France et le Brésil, le 21 juin 1986 à Guadalajara. AFP - STAFF

En finale, les Allemands sont opposés à l'Argentine. L'Albiceleste est portée depuis le début du tournoi par un jeune joueur nommé Diego Maradona. À 25 ans, l'attaquant enflamme les terrains. Lors du quart de finale contre l'Angleterre, quatre ans seulement après la guerre des Malouines qui avait opposé les deux nations, le joueur du Napoli inscrit deux buts devenus légendaires, le premier "d'une main de Dieu" validé à tort par l'arbitre et le second au terme d'une chevauchée fantastique depuis le milieu du terrain. 

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L'Argentin Diego Maradona (à gauche) devance le gardien anglais Peter Shilton sur un ballon aérien et marque de la main son premier de deux buts lors d'un quart de finale de la Coupe du monde de football, à Mexico, le 22 juin 1986. AP

Lors de la finale, Maradona ne trouve pas le chemin des filets, mais permet à son équipe de remporter sa deuxième Coupe du monde après le sacre de 1978. Alors que la RFA revient au score en fin de match, il offre une passe décisive à Burruchaga pour le troisième but argentin (3-2). Sans surprise, le "Gamin en or" est couronné meilleur joueur de la compétition. 

Le Mondial 1994 aux États-Unis : la tristesse de Baggio

En 1994, c'est au tour des États-Unis d'accueillir le Mondial pour la première fois de son histoire. Ce choix se veut avant tout stratégique pour la Fifa, qui espère implanter durablement "le soccer" au pays du football américain. Même si de grands pays du foot sont absents comme l'Angleterre, la France ou encore l'Uruguay, une pluie de stars comme Roberto Baggio, Bebeto, Dennis Bergkamp, Thomas Brolin, Gheorghe Hagi, Jürgen Klinsmann, Diego Maradona, Romario ou encore Hristo Stoichkov vont briller durant cette compétition aux accents très américains. 

La phase de poules est marquée par l'élimination de la Colombie, qui termine dernière de son groupe. Quelques jours plus tard, le défenseur colombien Andres Escobar est tué par balle lors de son retour au pays, très probablement à cause de son but marqué contre son camp lors du match contre les États-Unis. Dans la rubrique faits divers, Diego Maradona est pour sa part exclu de la compétition après un contrôle positif à un produit dopant lors de la rencontre contre le Nigeria.

Sur le plan sportif, le Russe Oleg Salenko entre aussi dans l'histoire de ce tournoi en devenant le premier – et toujours le seul – à inscrire cinq buts au cours d'un match de Coupe du monde lors de l'écrasante victoire de son équipe face aux Camerounais (6-1).

Football : 1970, 1986, 1994, des Mondiaux de légende au Mexique et aux États-Unis
252 L'Argentin Diego Maradona (10) est embrassé par son coéquipier Fernando Redondo le mardi 21 juin 1994 après que Maradona ait marqué un but pour porter l'Argentine à 3-0 contre la Grèce lors de leur match de premier tour du groupe D de la Coupe du monde de football au Foxboro Stadium, Foxboro, Mass. AP - Charles Krupa

Sans son joueur vedette, l'Argentine ne réussit pas à dépasser les 8es de finale et s'incline face à la Roumanie (3-2). L'équipe des États-Unis est quant à elle toute proche de créer la sensation. Le pays hôte est finalement éliminé avec les honneurs par le Brésil, qui l'emporte sur le plus petit des scores grâce à Bebeto (0-1). La Seleçao monte ensuite en puissance. Les Brésiliens se défont successivement des Pays-Bas (2-3) puis de la Suède (0-1) pour se hisser en finale contre l'Italie.

Football : 1970, 1986, 1994, des Mondiaux de légende au Mexique et aux États-Unis
Le capitaine brésilien Torres Carlos Alberto (à gauche) serre la main du capitaine anglais Bobby Moore avant le début de leur match de Coupe du monde, au stade de Guadalajara, au Mexique, le 7 juin 1970. Le Brésil a battu l'Angleterre sur le score de 1-0. AP

Vingt-quatre ans après leur duel au Mondial 1970, les Italiens ont l'occasion de prendre leur revanche. Mais lors du temps réglementaire comme en prolongations, aucune des deux équipes ne marque (0-0 au terme du temps réglementaire). Pour la première fois dans l'histoire d'une Coupe du monde, le titre se joue aux tirs au but.

Le flamboyant Roberto Baggio, brillant tout au long de la compétition, est le héros malheureux de la séance. Sa tentative manquée, qui passe au-dessus de la barre transversale, sacre le Brésil pour la quatrième fois. Le Brésilien Romario, auteur de cinq buts durant la compétition, est élu Ballon d'or du Mondial.

Football : 1970, 1986, 1994, des Mondiaux de légende au Mexique et aux États-Unis
Les joueurs brésiliens courent rejoindre leurs coéquipiers pour célébrer leur victoire tandis que Roberto Baggio (à droite), joueur italien, se tient sur le terrain lors de la séance de tirs au but pendant le match final entre le Brésil et l'Italie de la 15e Coupe du monde de football au stade Rose Bowl de Pasadena le 17 juillet 1994. AFP - OMAR TORRES