
Le Lillois Olivier Giroud dépité après une occasion ratée face à Aston Villa, le 19 mars 2026, à Birmingham. © Jaimi Joy, Reuters
Trop lent au démarrage, trop tendre ensuite, Lille n'a pas réussi jeudi 19 mars à écrire le bout d'histoire qu'il espérait chez Aston Villa, où une défaite 2-0 a mis fin à son rêve européen avant les quarts de finale de Ligue Europa. Le revers 1-0 du huitième aller avait mis l'équipe de Bruno Genesio au pied du mur, mais elle n'a vraiment démarré son match qu'après la mi-temps et subi les buts tant redoutés en seconde période. Le Losc subit de nouveau la loi d'Aston Villa, l'actuel quatrième de Premier League, comme en 2024 en Ligue Conférence en quarts de finale.
Le gardien Emiliano Martinez, le plus grand des "Villans" il y a deux ans, auteur d'une séance de tirs au but fatale au club français, a récidivé avec un dégagement à l'origine de l'ouverture du score (54e). Le deuxième but est venu du très riche banc des remplaçants avec Ollie Watkins à la passe et Leon Bailey à la finition (86e), ce qui a montré aussi l'écart existant entre les deux adversaires du soir.
Unai Emery dispose de munitions très affûtées et il a pour lui l'expérience des grandes soirées, lui le quadruple vainqueur de la Ligue Europa, avec Séville (2014, 2015 et 2016) et Villarreal (2021).
McGinn présent, André absent
Bruno Genesio avait lui opté pour une formation résolument défensive au coup d'envoi, avec trois arrières centraux (Ngoy, Alexsandro et Mbemba) et deux éléments offensifs seulement (Correia et Giroud). L'idée semblait claire : ne pas prendre de but, d'abord.
La copie rendue à la mi-temps était proche du néant pour des Dogues sans mordant, ni grande ambition, incapables de la moindre projection vers l'avant. Seul Ayyoub Bouaddi a fait passer un frisson sur Villa Park et au-dessus d'Emiliano Martinez, avec une tête non cadrée (21e).
De l'autre côté, Alexsandro a dû s'employer devant Jadon Sancho (18e, 34e), Chancel Mbemba a dégagé un centre de John McGinn (19e) et Berke Ozer est sorti de sa cage pour capter un chaud ballon (22e). Le gardien turc a sauvé les siens sur une belle envolée verticale pour sortir une tête d'Amadou Onana sur corner (42e), mais il s'est retrouvé démuni, sans défense, sur l'ouverture du score de John McGinn (54e, 1-0).
Le but est parti de l'ennemi intime des supporters lillois, Emi Martinez, qui a capté un coup franc et relancer aussi rapidement que superbement en direction de Sancho, lequel s'est joué de Felix Correia avant de servir son capitaine, buteur de sang froid du pied gauche.
L'importance de "Super John McGinn", arrivé en 2018 quand le club était en Championship (2e div.), a rappelé cruellement l'absence de son miroir au Losc, Benjamin André, forfait sur blessure.
Porteur du brassard, Olivier Giroud a touché plus de ballons lors de la seconde période, bien plus animée, et il en a même envoyé un dans les filets, sur une belle volée du gauche, mais il était hors jeu (61e). L'ex-N.9 des Bleus, à 39 ans, a peut-être disputé son dernier match en coupe d'Europe. "J'aurais aimé qu'on marque sur un de nos temps forts. Ça me fait ch... de prendre un but sur le dégagement de leur gardien", a commenté l'attaquant sur Canal+. "Je pense qu'on a tout donné. Maintenant, j'aurais aimé qu'on marque pour les faire douter. (...) C'est frustrant mais on peut être fiers de nous".
À dix puis neuf, Lyon sorti par le Celta
Réduit à dix dès la 19e minute puis à neuf dans le temps additionnel, Lyon a été éliminé dès les 8es de finale de la Ligue Europa en perdant 2-0 dans son Groupama Stadium contre les Espagnols du Celta Vigo. À l'aller, le 12 mars, les deux formations s'étaient séparées sur un score de parité (1-1).
Lyon s'est rapidement retrouvé en infériorité numérique après l'exclusion du Sénégalais Moussa Niakhaté pour un geste mal maîtrisé sur Javi Rueda mais, dès la 2e minute, Nicolas Tagliafico aurait pu lui aussi recevoir un carton rouge, également pour une action maladroite sur ce même Rueda, sans que la vidéo-assistance n'intervienne.L'Argentin a fini par être exclu au bout du temps additionnel après un deuxième avertissement (90+6).
Maigre consolation pour l'Olympique lyonnais après cette désillusion : cette élimination prématurée après avoir terminé premier de la phase de ligue, va alléger le calendrier de la fin de saison avec uniquement le championnat à jouer et une nouvelle qualification européenne à préserver, l'ambition initiale.
En deux semaines, l'OL a été éliminé de la Ligue Europa et de la coupe de France, par Lens (2-2, 5-4 t.a.b.), face à qui Niakhaté avait manqué son tir au but. Les Rhodaniens, qui avaient enchaîné une série de treize victoires consécutives toutes compétitions confondues, restent maintenant sur sept matches sans succès.
Choc face à Monaco attendu
Le choc face à Monaco, dimanche (15 h) en Ligue 1, est évidemment très attendu pour espérer se relancer et rester dans la lutte pour le podium. Pour cela, Lyon va pouvoir compter sur les retours de Pavel Sulc et Afonso Moreira, ses fers de lance offensifs, qui ont fait leur rentrée à la 67e minute quand l'OL était mené 1-0.
Le Belge Malick Fofana, absent depuis fin octobre, a aussi fait son retour à la 81e minute. Ils amèneront la profondeur qui a manqué ces dernières semaines à l'équipe de Paulo Fonseca, bien que leur apport durant la dernière demi-heure de jeu face au Celta a été limité pour des Lyonnais en infériorité et menés.
Car les Galiciens ont pris l'avantage à l'heure de jeu avec un but inscrit par Rueda servi par Hugo Alvarez après un débordement sur l'aile gauche (61). Auparavant, le gardien de l'OL, Dominik Greif, a plusieurs fois retardé l'échéance sur des tentatives de Pablo Duran (26), Williot Swedberg (29) et Fer Lopez (37) alors qu'une reprise de la tête de Rueda est passée juste au-dessus peu avant la mi-temps (45+2). En seconde période, le Slovaque a encore été déterminant deux fois devant Sergio Carreira (48, 56).
Sur l'ensemble de la rencontre, l'Olympique lyonnais a été assez inoffensif en ne se créant qu'une seule occasion. Alors que les deux formations étaient encore à égalité numérique, sur un centre du Brésilien Endrick, l'Ukrainien Roman Yaremchuk n'a pu avoir la vivacité nécessaire pour reprendre le ballon et marquer (13).
Avant l'exclusion de Niakhaté, l'OL avait éprouvé des difficultés à se défaire du pressing du Celta. En supériorité, la formation espagnole n'a toutefois pas paru très à son aise malgré sa domination, récompensée logiquement par l'ouverture du score. Mais face à la pression exercée par les Lyonnais, les Galiciens ont toujours fait planer la menace d'une contre-attaque, leur style de jeu préférentiel. Et c'est sur ce type de situation que Ferran Jutgla a achevé les espoirs lyonnais avec le but du 2-0 (90+2).
Avec AFP
