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Groenland : Trump annonce l’envoi d’un navire-hôpital, le Danemark rejette toute nécessité sanitaire
Le président américain Donald Trump a affirmé vouloir dépêcher un navire-hôpital au Groenland pour soigner des habitants de l'île, relançant les tensions autour de ce territoire autonome danois convoité par Washington. Copenhague rappelle que la population bénéficie déjà d’un accès gratuit aux soins et nie tout besoin d’intervention spéciale de la part des États-Unis.
Un bateau navigue devant un iceberg dans la baie de Disko, près d'Ilulissat, au Groenland, le mercredi 28 janvier 2026. © Evgeniy Maloletka, AP

Le président américain Donald Trump a déclaré samedi 21 février envoyer un navire-hôpital au Groenland, territoire autonome danois qu'il convoite ouvertement, et reproche aux Européens de ne pas suffisamment protéger l'île face aux ambitions russes ou chinoises dans l'Arctique.

"Nous allons envoyer un grand navire-hôpital au Groenland pour prendre soin des nombreuses personnes qui sont malades et qui ne sont pas soignées là-bas", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, sans donner de chiffre ni préciser qui pourrait en bénéficier. "Il est en route !!!", a-t-il ajouté.

Sa publication est accompagnée d'une image – vraisemblablement générée par intelligence artificielle – représentant l'USNS Mercy, un navire de 272 mètres généralement stationné dans le sud de la Californie, naviguant vers un horizon de montagnes enneigées.

Il n'est pas précisé s'il s'agit du navire qui sera effectivement envoyé au Groenland.

Le président américain a indiqué que l'opération d'envoi du bateau est réalisée en coordination avec Jeff Landry, nommé en décembre envoyé spécial des États-Unis dans l'île arctique.

Quelques heures avant ce message de Donald Trump, l'armée danoise avait annoncé avoir évacué un membre d'équipage d'un sous-marin américain au large de Nuuk, qui avait "besoin d'un traitement médical d'urgence", vers l'hôpital de la capitale.

Donald Trump et la Maison Blanche affirment régulièrement que le Groenland et ses ressources sont nécessaires pour la sécurité des États-Unis face, selon eux, aux visées de Moscou et Pékin dans cette zone arctique stratégique. Au grand dam des chancelleries européennes.

Le président américain a toutefois renoncé à ses menaces après la signature d'un accord-cadre avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, visant à renforcer l'influence américaine et ouvrant la voie à des pourparlers entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis.

Fin de non-recevoir

Le Groenland n'a pas besoin d'une initiative sanitaire ciblée, a déclaré dimanche le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, en réponse à la déclaration du président américain sur l'envoi d'un navire-hôpital au territoire autonome danois qu'il convoite ouvertement.

Interrogé par la télévision danoise, Troels Lund Poulsen a indiqué ne pas être informé de l'éventuelle venue d'un navire-hôpital au Groenland. "Trump tweete en permanence au sujet du Groenland. (...) C'est donc sans doute l'expression de la nouvelle normalité qui s'est installée dans la politique internationale", a-t-il affirmé.

"La population groenlandaise reçoit les soins de santé dont elle a besoin. Elle les reçoit soit au Groenland, et, s'il y a besoin d'un traitement particulier, elle le reçoit au Danemark. Ce n'est donc pas comme s'il y avait besoin d'une initiative sanitaire spéciale au Groenland", a encore déclaré le ministre de la Défense danois.

Au Groenland, comme au Danemark, l'accès aux soins est gratuit. Il existe cinq hôpitaux régionaux à travers l'immense île arctique, celui de Nuuk accueillant des patients provenant de tout le territoire.

Le gouvernement local groenlandais a signé début février un accord avec Copenhague pour améliorer le traitement de patients groenlandais dans des hôpitaux danois.

Le roi du Danemark, Frederik X, s'est rendu au Groenland cette semaine pour exprimer son soutien aux habitants de l'île.

Avec AFP