
Le pétrolier Ocean Mariner, battant actuellement pavillon libérien, arrive au port de La Havane, le 9 janvier 2026. © Yamil Lage, AFP archives
Pression maximale de Donald Trump sur Cuba. Le président américain a signé, jeudi 29 janvier, un décret indiquant que les États-Unis "pourraient" frapper de droits de douane d'un montant non précisé les pays qui vendent du pétrole à l'île communiste. Cette dernière a dénoncé un "acte brutal d'agression" de la part de Washington.
"Un droit de douane supplémentaire 'ad valorem' [dépendant de la valeur estimée, NDLR] pourrait être imposé sur les importations de biens produits par un pays qui vend directement ou indirectement ou qui fournit du pétrole à Cuba", selon le texte de ce décret, publié par la Maison Blanche.
Cette décision s'appuie sur la déclaration d'un "état d'urgence" en lien avec la "menace exceptionnelle" que fait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine, toujours selon le texte de ce décret.
Dans le détail, Washington reproche aux autorités cubaines de "s'aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux États-Unis" – dont la Russie, la Chine, l'Iran, le Hamas ou le Hezbollah.
Cuba est aussi accusé de "déstabiliser la région via l'immigration et la violence", tout en "propageant ses idées, programmes et pratiques communistes".
"Nouvelle escalade des États-Unis contre Cuba"
Cuba a qualifié d'"acte brutal d'agression" la signature par Donald Trump de ce décret. "Nous dénonçons devant le monde cet acte brutal d'agression contre Cuba et son peuple, soumis depuis plus de 65 ans au blocus économique le plus long et le plus cruel jamais appliqué à une nation entière, et que l'on promet désormais de soumettre à des conditions de vie extrêmes", a dénoncé sur X le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez.
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Accepter Gérer mes choixBruno Rodriguez a aussi dénoncé "une nouvelle escalade des États-Unis contre Cuba" et "une longue liste de mensonges visant à présenter Cuba comme une menace qu'elle n'est pas".
"La seule menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région, et la seule influence maligne, est celle que le gouvernement des États-Unis exerce contre les nations et les peuples de Notre Amérique", a affirmé le chef de la diplomatie cubaine, qui a dénoncé le "chantage" et "la coercition" exercés par Washington.
Une île sous embargo états-unien depuis 1962
Le président américain avait déjà signifié récemment à La Havane qu'il n'y aurait "plus de pétrole" pour Cuba sans "accord" avec les autorités.
Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier du Venezuela, qui depuis les années 2000 a été le principal fournisseur de pétrole à Cuba, son allié. Le 29 janvier, la présidente vénézuellienne par intérim Delcy Rodirguez, au pouvoir depuis l'enlèvement du président Maduro par les États-Unis, a annoncé ouvrir le secteur pétrolier au privé, ce qui a entrainé la levée d'une partie des sanctions américaines.
La nouvelle menace du dirigeant républicain arrive alors que Cuba connaît déjà une situation énergétique précaire. L'île, soumise à un embargo des États-Unis depuis 1962, connaît depuis trois ans de fortes pénuries de carburant qui ont un impact direct sur sa production d'électricité. Le pays est parvenu tout juste à satisfaire la moitié de ses besoins en électricité en 2025, selon des données compilées et analysées par l'AFP.
Le Mexique est l'un des rares pays à encore livrer de l'or noir à Cuba. Sa présidente, Claudia Sheinbaum, a affirmé mardi qu'elle restait "solidaire" de l'île, démentant des articles de presse assurant que son gouvernement avait décidé de suspendre les envois de pétrole.
Avec AFP
