
Mette Fredericksen à Bruxelles, le 19 décembre 2025. © Geert Vanden Wijngaert, AP
"Il y a un conflit autour du Groenland (...), c'est un moment décisif, ce qui est en jeu dépasse ce qui est visible à l'oeil nu", a estimé la Première ministre danoise Mette Frederiksen lors d'un débat avec d'autres chefs de partis danois, dimanche 11 janvier.
Le Danemark et le Groenland sont, comme les États-Unis, membres de l'Otan et en début de semaine, Mette Frederiksen avait estimé qu'une attaque américaine contre l'un des membres de l'Alliance signifierait "la fin de tout", notamment de l'Otan et du système de sécurité établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Pour Donald Trump, le contrôle par Washington de l'île arctique riche en ressources minières inexploitées est crucial pour la sécurité nationale des États-Unis, compte tenu de la menace croissante que représentent la Russie et la Chine dans l'Arctique.
Il a reconnu, dans un entretien au New York Times jeudi, qu'il lui faudrait peut-être choisir entre la préservation de l'intégrité de l'Otan ou le contrôle du territoire danois.
"Le Danemark est un allié loyal et solide. Nous sommes en plein réarmement important, et nous sommes prêts à défendre nos valeurs – partout où cela est nécessaire – y compris dans l'Arctique", a expliqué Mette Frederiksen dans un message publié sur Facebook et Instagram. "Nous croyons au droit international et au droit des peuples à disposer d'eux-même, c'est pourquoi nous défendons les principes de souveraineté, d'autodétermination et d'intégrité territoriale."
Berlin réitère son soutien au Groenland
Le gouvernement allemand a, de son côté, réaffirmé dimanche son soutien au Groenland. Avant de rencontrer lundi son homologue américain Marco Rubio à Washington, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a fait escale dimanche à Reykjavik. Aux côtés de la cheffe de la diplomatie islandaise Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, il a affirmé lors d'une conférence de presse que "la sécurité dans l'Arctique devient de plus en plus importante" et "relève de notre intérêt commun dans l'Otan".
"Si le président américain examine quelles menaces proviennent de navires ou de sous-marins russes ou chinois dans la région, nous pouvons bien entendu trouver ensemble des réponses à cela", a déclaré Johann Wadephul. Mais "l'avenir du Groenland doit être décidé par le peuple du Groenland" et le Danemark, a ajouté le ministre conservateur.
Interrogé sur un potentiel renforcement de l'engagement de l'Otan dans l'Arctique, Johann Wadephul a assuré que l'Allemagne est "prête à assumer davantage de responsabilités".
"La souveraineté et l'intégrité territoriale doivent être respectées", a déclaré avant lui le ministre des Finances allemand Lars Klingbeil, avant de se rendre à un sommet international sur les matières premières critiques à Washington.
"Nous renforçons la sécurité dans l'Arctique ensemble, en tant qu'alliés de l'Otan, et non les uns contre les autres", a ajouté le ministre qui est également vice-chancelier.
Soutenus par Copenhague, les Groenlandais ont a plusieurs reprises souligné qu'ils ne voulaient pas être américains. En janvier 2025, 85 % d'entre eux s'étaient dits opposés à leur rattachement aux États-Unis, selon un sondage publié dans la presse danoise et groenlandaise. Seuls 6 % y étaient favorables.
Avec AFP
