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"On va essayer de les secouer" : le plan du Bénin pour surprendre l'Égypte à la CAN
De notre envoyé spécial à Rabat, au Maroc – Après avoir remporté la première victoire de son histoire en Coupe d'Afrique, le Bénin a rendez-vous avec l'Égypte pour les huitièmes de finale de cette CAN. Pour autant, les Guépards s'avancent sans complexes face au septuple champion d'Afrique. Le sélectionneur Gernot Rohr et le défenseur Yohann Roche sont sûrs de leurs forces.
Le sélectionneur du Bénin, Gernot Rohr, a un plan de bataille pour le huitième de finale contre l'Egypte. © Paul Ellis, AFP

David contre Goliath. La métaphore biblique résume bien les enjeux du huitième de finale lundi entre l'Égypte et le Bénin. D'un côté, les Pharaons, en tête du palmarès de la Coupe d'Afrique avec sept sacres, et de l'autre, les Guépards, déjà ravis d'avoir décroché leur premier succès dans le jeu de leur histoire à la CAN.

Mais les Guépards ont encore faim et espèrent déjouer les pronostics, comme ils avaient pu le faire en 2019 pour leur première apparition dans les matchs à élimination directe. Cette année-là, la bande à Sessegnon, Imorou et Adeoti avait fait tomber l'épouvantail marocain au courage et aux tirs au but. Gernot Rohr espère rien de moins que de reproduire l'exploit.

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"On ne fait pas de complexe et nous n'avons rien à perdre. On veut faire un bon match et jouer notre chance à fond. Avec ce qu'on a appris dans les trois premiers matches, mes joueurs vont faire le maximum", annonce Gernot Rohr dans un entretien exclusif à France 24.

Comment gérer Salah, Marmoush et Trezeguet ?

Le vieux routier du continent est habitué à mener ses joueurs vers l'exploit, comme le quart de finale du Gabon en 2012 ou la médaille de bronze du Nigeria en 2019. Et il sait que là encore, la marche est haute, tant le collectif égyptien est une machine à gagner :

"C'est une équipe très collective, difficile à prendre en défaut en défense, très athlétique et avec un super gardien. Ils ont plusieurs joueurs qui viennent de gagner ensemble la Ligue des champions africaine avec le club du Pyramids FC. Et, en attaque, ils ont des joueurs qui peuvent faire la différence individuellement et collectivement", énumère le technicien de 72 ans. "C'est une équipe qui est favorite et qui doit le montrer. Nous, en tant que challenger, on va essayer de les secouer."

Mais pour l'entraîneur, la clé du match se trouvera dans la façon de gêner le trio de stars égyptiennes : Mohamed Salah, Omar Marmoush et Trezeguet, véritables poisons pour les défenses.

"C'est le gratin du football africain. À eux trois, ils valent dix fois plus que toute mon équipe", sourit Gernot Rohr. "Il faudra museler cette attaque."

Un défi qui ne fait pas peur au défenseur Yohann Roche, qui a été l'un des hommes marquants du premier tour du Bénin, de son erreur fatale contre la RD Congo à son but de la victoire contre le Botswana : "C'est vraiment excitant parce qu'on va pouvoir se mesurer à des joueurs de classe mondiale. Ça nous motive encore plus car on veut prouver qu'on est capables de rivaliser", explique le défenseur de Petrolul Ploiești, en Ligue 1 roumaine. "Ce sont des joueurs qu'on regarde souvent à la télé pendant la Ligue des champions. Le match sera compliqué mais je pense qu'on a toutes nos chances. Il faut croire en nous, en nos qualités", exhorte-t-il. "On va y aller avec un état d'esprit de combat, de confiance et de conquérant."

Gernot Rohr mise sur la discipline de ses joueurs

Pour résister à la maestria égyptienne, Gernot Rohr se fie au projet qu'il a bâti depuis 2023 avec les Guépards : "La force de mon équipe, c'est son collectif. Nous avons un milieu de terrain très solide, qui presse bien. Nous avons aussi une belle discipline défensive". Même s'il s'inquiète de probables absences : "Sessi d'Almeida va revenir au milieu mais notre capitaine et attaquant Steve Mounié risque d'être absent. Notre organisation repose sur un football vertical orienté vers lui. Il va falloir changer. C'est ce qu'on avait fait contre la RD Congo lors du premier match et ça ne nous avait pas trop mal réussi", explique le sélectionneur. "Si sur une contre-attaque on marque en premier, tout est possible."

Comme les joueurs et le sélectionneur, les supporters croient en l'exploit, quitte à convoquer un peu de superstition. Marwane Salou, porte-parole du Conseil national des supporters du Bénin, rappelle que lors de la CAN 2019 en Égypte, le Bénin avait éliminé le Maroc : "Pourquoi ce ne serait pas un clin d’œil du destin ? Aujourd’hui, nous sommes au Maroc et nous jouons l’Égypte. Pourquoi l’histoire ne va-t-elle pas nous faire un clin d’œil ?", espère-t-il.

Surtout que dans l'histoire, à la fin, c'est bien David qui bat Goliath.