logo

CAN 2025 : au courage, le Mali vient à bout de la Tunisie aux tirs au but
De notre envoyé spécial à Casablanca, au Maroc – Le Mali a remporté samedi face à la Tunisie le duel des Aigles en huitièmes de finale de la CAN 2025 à l'issue de la séance de penalties. Un choc que les Maliens ont quasi intégralement disputé à 10 et qui est loin d'avoir tenu ses promesses sur le terrain, avec un rythme haché par les fautes.
La joie des Maliens lors du 8e de finale de la CAN 2025 contre la Tunisie. © Pierre René-Worms FMM

La CAN 2025 a accouché de sa première prolongation et de ses premiers tirs au but. Dans un match qui aura attendu les dernières minutes du temps réglementaire pour s'emballer, le Mali est finalement venu à bout de la Tunisie. 

Les deux sélectionneurs avaient promis avant le match que lors de ce huitième de finale, on verrait enfin le vrai visage de leur équipe. Promesse non tenue. Ou alors, les deux sélections sont davantage bâties pour l'affrontement physique et la bataille rangée que pour le football. 

La Tunisie est mieux rentrée dans le match que son adversaire, portée par son intenable Hannibal Mejbri. Il est cherché par Mastouri depuis le côté droit (2e). Il tire les corners et oblige Diarra à boxer (6e). 

Woyo Coulibaly laisse le Mali à 10

Le Mali est en difficultés dans tous les compartiments du jeu et court après le ballon. Les Tunisiens ne les laissent pas respirer. Il faut attendre la 15e minute pour apercevoir Dahmen en action. Il boxe un corner rentrant. Sur la relance, W. Coulibaly, bien naïf, se manque et laisse filer Mastouri. Il faut un retour du diable vauvert de Danté pour empêcher le face à face avec Diarra.

Woyo Coulibaly est à la peine dans ce huitième de finale. Souvent en retard, jamais juste. Son expulsion pour une énorme semelle sur Mejbri ne surprend personne (27e). Pas refroidi malgré le vent glacial qui souffle sur Casablanca, son homonyme Lassana Coulibaly fait de même mais s'en sort grâce à la clémence de l'arbitre (39e). 

Deux gestes qui résume la première mi-temps mieux que les actions. Le staff médical a davantage à faire que les gardiens. Ils interviennent successivement sur Bronn, Valery, Mejbri, Diarra et Sinayoko. Seul le premier quittera le terrain, Hannibal Mejbri serrant les dents. Bilan à la mi-temps : 19 fautes mais zéro tir cadré.

Nene Dorgeles fait du bien

Tom Saintfiet fait le choix de ne pas réorganiser son équipe. Le Mali défend à 3 face aux vagues tunisiennes, ou plutôt à 9, en tant de balancer vers Lassine Sinayoko. Mejbri demande un penalty après une incursion dans la surface mais l'arbitre lui offre un jeune pour simulation (60e).

Au même moment, le sélectionneur lance Nene Dorgeles à la place Mahamadou Doumbia pour démontrer qu'il n'a pas renoncé à faire le match. Entrée probante, le dragster de Fenerbahçe enchaîne les percussions et les frappes dans le camp des Tunisiens en quelques minutes. 

Après ces éclaircies, le match s'enlise de nouveau dans la guerre de tranchées. Hannibal Mejbri est le plus proche d'ouvrir le score sur un coup franc bien placé (78e). Saad tente ensuite de surprendre Diarra. En vain (81e).

Le match s'emballe dans les derniers instants

Alors que la prolongation semble inévitable, Chaouat, entré un peu plus tôt à la place de Machouri, trouve enfin la faille dans le bloc malien et trompe Diarra de la tête sur un petit piqué de Saad (1-0, 87e). 

La Tunisie pense tenir sa victoire mais le Mali n'abdique pas. Et, sur un centre anodin, Meriah touche le ballon de la main. L'arbitre est formel : penalty, malgré les très longues protestations des Aigles de Carthage. Lassine Sinayoko ne tremble pas et envoie un tir imparable à gauche du gardien (1-1, 90e+4).

La pluie s'invite de nouveau à Casablanca après avoir laissé les deux équipes tranquilles durant le temps réglementaire. La prolongation commence, les deux sélections semblent proches du KO. Ali Abdi allume une première mèche mais Diarra veille malgré une déviation du ballon (97e). Meriah prend sa chance de loin (104e). Les contres maliens ne donnent rien. 

Les Tunisiens pensent tenir leur but. Sur un tir de Skhziri repoussé par Diarra, Ali Abdi a suivi et prend sa chance. Chaouat surgit pour pousser le ballon au fond des filets. Un but hors-jeu, malgré une longue vérification de la VAR (105e).

Reste donc la séance de tirs au but. Et, à ce petit jeu, les Aigles du Mali s'avèrent finalement meilleurs, même si les tireurs n'ont guère brillé dans la séance : Achouri et Ben Romdhane se sont heurtés à la muraille Diarra, élu logiquement homme du match.

Le scénario est cruel pour la Tunisie qui était la plus méritante mais n'a jamais converti ses occasions. Les Aigles du Mali ont gagné le droit d'affronter le Sénégal. Il faudra hausser le niveau de jeu.