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Le PKK ne négociera pas davantage avec la Turquie et exige la libération de son chef Öcalan
La guérilla kurde réclame la libération de son chef Abdullah Öcalan, estimant que c'est au tour de la Turquie d'agir. Refusant d'aller plus loin dans les négociations avec Ankara, le PKK exige également la reconnaissance constitutionnelle et officielle du peuple kurde en Turquie.
Photo d'archive montrant des combattants du PKK lors d'une cérémonie dans la région de Qandil, dans le nord de l'Irak, prise le 26 octobre 2025. © Rashid Yahya, AP

C'est au tour de la Turquie d'agir, a déclaré un des commandants de la guérilla kurde du PKK, qui réclame la libération de leur chef historique Abdullah Öcalan. Le PKK a affirmé qu'il n'irait pas plus loin dans les négociations de paix avec Ankara.

"Nous avons fait ce qu'on nous a demandé, a déclaré le commandant Amed Malazgirt. C'est au tour de l'État turc. En Turquie il y a eu des discussions mais aucune avancée concrète (...). Désormais nous attendons que l'État turc prenne des mesures et c'est à lui de faire les (prochains) pas", a-t-il ajouté, exigeant par ailleurs la libération d'Abdullah Öcalan, détenu depuis 1999 sur l'île-prison d'Imrali, au large d'Istanbul.

Le chef militaire du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), rencontré samedi dans les montagnes du Kurdistan dans le nord de l'Irak, salue la création d'une commission transpartisane au sein du Parlement turc : "L'État turc a fait un geste positif, mais ce n'est pas la seule action nécessaire", juge-t-il tout en précisant "suivre de près" ses travaux.

"Nous avons deux revendications. Premièrement, la libération du leader Apo ("oncle", en kurde, surnom d'Abdullah Öcalan, NDLR). Faute de quoi, le processus ne réussira pas. La deuxième est la reconnaissance constitutionnelle et officielle du peuple kurde en Turquie", insiste-t-il.

À (re)voir Turquie : dans la ville kurde de Diyarbakir, l’espoir après la dissolution du PKK

"Nous n'utiliserons pas les armes contre l'État turc"

Le responsable a tenu également à "clarifier" la notion de désarmement après une opération symbolique, en juillet, lors de laquelle une trentaine de combattants du PKK avaient brûlé leurs fusils.

"C'est l'État turc qui a promu ce récit affirmant qu'il nous avait appelés à déposer nos armes : nous, nous nous sommes engagés à ne pas les utiliser contre l'État turc. Il y a une différence et ce que nous avons fait correspond à ce que le leader Apo a demandé", a-t-il déclaré.

"Nous avons dit que nous n'utiliserons pas les armes contre l'État turc et jusqu'à ce jour, nous ne les avons pas utilisées", a-t-il relevé.

À propos d'Abdullah Öcalan, fondateur du PKK et leader toujours incontesté pour ses partisans, un autre commandant, Serdar Mazlum Gabar, a fait valoir à l'AFP que "notre chef Apo est resté dans le système de torture d'Imrali pendant de nombreuses années".

"Nous visons d'abord la reconnaissance du droit à l'espoir et ensuite la liberté totale de la direction" du PKK, a-t-il insisté : "Par liberté, nous entendons qu'il soit libre d'agir, de diriger son mouvement et de s'intégrer au peuple".

Cette notion de "droit à l'espoir" avait été avancée l'an dernier par le principal allié du gouvernement turc à l'initiative du processus de paix.

"Nous pouvons garantir la sécurité de notre direction", poursuit-il en suggérant dans un premier temps "une assignation à résidence" d'Abdullah Öcalan pour garantir sa protection.

Une délégation de la commission parlementaire chargée du processus de paix a rendu visite le 24 novembre pour la première fois à Abdullah Öcalan.

Le gouvernement turc est engagé depuis l'automne 2024 dans un processus de paix avec le PKK, après quatre décennies d'une guérilla qui a coûté la vie à 50 000 personnes.

Avec AFP