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La suspension du Gabon de la communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) est maintenue malgré le "caractère paisible et inclusif" de la transition gabonaise, a annoncé vendredi la CEEAC, qui lèvera cette sanction au "retour de l'ordre constitutionnel" dans le pays dirigé depuis le coup d'État du 30 août par le général Brice Oligui Nguema.

La communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) a annoncé, vendredi 15 décembre, maintenir la suspension du Gabon, une sanction prononcée à la suite du renversement du président Ali Bongo Ondimba par des militaires en août dernier.

La CEEAC, qui a reconnu le "caractère paisible et inclusif" de la transition gabonaise, "a décidé de maintenir la décision de suspendre la participation du Gabon aux activités de la Communauté jusqu'au retour à l'ordre constitutionnel", a-t-elle dit dans un communiqué, à l'issue d'un sommet à Djibloho, en Guinée équatoriale.

Étaient représentés au sommet : la Guinée équatoriale, l’Angola, le Burundi, la Centrafrique, le Congo, Sao Tomé-et-Principe, le Tchad, le Cameroun et le Rwanda. La CEEAC compte également, outre le Gabon pour l'heure suspendu, la RDC.

La levée de cette sanction aurait représenté un premier pas vers une réintégration sur la scène internationale, près de quatre mois après que le coup d'État eut entraîné la condamnation des capitales occidentales et la suspension du Gabon de l'Union africaine.

Populaire chez l'immense majorité des Gabonais pour avoir mis fin à 55 ans de "dynastie Bongo", le chef des putschistes du 30 août dernier, le général Brice Oligui Nguema, a été proclamé président de transition par l'armée.

Une réhabilitation rapide du Gabon vue d'un mauvais œil par certains dirigeants africains

Il a ensuite immédiatement promis de rendre le pouvoir aux civils au terme d'une transition. Si le calendrier est respecté, celle-ci durera deux ans et des élections auront lieu en août 2025. 

Le général Oligui a, depuis les premiers jours de sa prise de pouvoir, rencontré tous les dirigeants des pays membres de la CEEAC, à l'exception du président angolais, João Lourenço.

Certains dirigeants d'Afrique centrale, région qui compte les chefs d'État affichant les plus grandes longévités au pouvoir au monde, ne voient pas forcément d'un bon œil une réhabilitation rapide d'un pays où le chef de la garde prétorienne, censée être la garantie de leur maintien au pouvoir, a renversé un de leurs pairs.

L'Équato-Guinéen Teodoro Obiang détient le record absolu hors monarchies avec 44 ans au pouvoir, le Camerounais Paul Biya le talonne avec plus de 41 ans, suivi du Congolais Denis Sassou Nguesso avec 26 ans et le Rwandais Paul Kagame avec 23 ans. Au Tchad, le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno a succédé il y a trois ans à son père qui présidait le pays depuis plus de 30 ans.

Ali Bongo, après avoir été placé brièvement en résidence surveillée au moment du putsch, est "libre de ses mouvements" et libre d'aller à l'étranger, avaient annoncé les militaires quelques jours plus tard. Mais récemment, des membres de sa famille ont accusé le général Oligui de l'empêcher de sortir ou de recevoir des visites de ses proches.

Avec AFP