
Le milliardaire américain Elon Musk a visité, lundi 22 janvier, le site du camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau et s'est exprimé sur l'antisémitisme en ligne, lors d'une conférence dans le sud de la Pologne, quelques semaines après avoir déclenché une tempête en relayant des propos relevant de la sphère complotiste et antisémite.
"C'était incroyablement émouvant, profondément triste et tragique que des êtres humains puissent faire cela à d'autres êtres humains... Cela vous touche encore plus au cœur lorsque vous le voyez en personne", a déclaré le milliardaire lors d'une conférence organisée par l'Association juive européenne (EJA) dans la ville voisine de Cracovie, dans le sud de la Pologne, au sujet de sa visite du camp de la mort construit par l'Allemagne nazie en Pologne occupée entre 1940 et 1945, où un million de Juifs européens et plus de 100 000 non-Juifs ont été exterminés.
La conférence de l'EJA, qui se tenait peu avant le 79e anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier, date de la Journée de commémoration de l'Holocauste, se tenait après qu’Elon Musk a répondu en novembre à un message publié sur X affirmant que les personnes juives encourageaient la "haine contre les Blancs", par ce message : "Tu as dit l'exacte vérité", avant de s'excuser.
Le propriétaire de Tesla et SpaceX a aussi été accusé d'avoir laissé proliférer les discours haineux sur ce même réseau social, depuis qu'il a racheté cette plateforme pour 44 milliards de dollars en octobre 2022.
"Les audits externes que nous avons réalisés montrent qu'il y a moins d'antisémitisme sur X que sur tous les autres réseaux sociaux", a toutefois affirmé Elon Musk lors d'une table ronde.
Elon Musk aspire "à être juif"
De son côté, l'EJA estime qu'il existe une "tendance inquiétante" à la hausse de l'antisémitisme en Europe, et notamment sur les réseaux sociaux, qui s'est intensifiée depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque d'une violence sans précédent lancée par le mouvement islamiste palestinien le 7 octobre sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1 140 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels.
Les militants du Hamas ont également pris environ 250 otages, dont 132 environ, selon Israël, se trouvent toujours à Gaza.
Israël a répondu par des bombardements et une offensive terrestre qui ont coûté la vie à au moins 25 295 personnes, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas publiés lundi.
Lors d'une discussion en direct diffusée sur X en septembre, le président de l'EJA, le rabbin Menachem Margolin, avait invité Elon Musk à visiter le site d'Auschwitz.
Elon Musk avait alors convenu que cela pourrait être "utile" en tant qu'"exemple pour les autres". Au cours de la discussion, "il a expliqué qu'il aspirait à être juif" et a déclaré qu'il avait fréquenté une école maternelle hébraïque.
"Il est absurde d'être accusé de quelque chose alors que toutes les preuves vont dans l'autre sens et que l'histoire de ma vie est en fait pro-sémite", avait-il ajouté à l'époque.
Avalanche de départs d’annonceurs
Elon Musk a menacé de porter plainte contre la Ligue anti-diffamation (Anti-Defamation League, ADL), une association de lutte contre l'antisémitisme qui dénonce une hausse notable de la désinformation et des insultes homophobes et racistes sur X, depuis que les règles de modération y ont changé avec l'arrivée du patron de Tesla.
Par ailleurs, X poursuit en justice Media Matters, accusant l'organisation à but non lucratif de faire fuir des annonceurs publicitaires en affirmant que la plateforme est saturée de contenus antisémites.
En novembre, la Maison Blanche a accusé Elon Musk d'avoir fait une "promotion abjecte de la haine antisémite et raciste" lorsqu'il a qualifié sur X d'"exacte vérité" une publication affirmant que les personnes juives encourageaient la "haine contre les Blancs". Cette déclaration avait provoqué une avalanche de départs de X de grands annonceurs.
Le milliardaire s'est ensuite excusé pour ce qu'il a qualifié du "pire et le plus stupide des posts que je n’aie jamais faits". Selon lui, sa remarque avait été mal interprétée et il a cherché à la clarifier dans des messages ultérieurs.
Après la controverse, le fondateur de SpaceX s'est rendu en Israël, tout en déclarant que ce voyage avait été planifié plus tôt et qu'il ne s'agissait pas d'une "tournée d'excuses". Le président israélien Isaac Herzog lui a alors signifié qu'il avait "un rôle énorme à jouer" dans la lutte contre l'antisémitisme.
Avec AFP