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Guerre au Yémen : une délégation saoudienne à Sanaa pour discuter d'un processus de paix

Après huit ans de guerre et dans un contexte de détente régionale, une rare délégation saoudienne se trouve dimanche à Sanaa pour négocier une trêve durable et discuter du processus de paix avec les rebelles Houthis du Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique qui subit l'une des pires crises humanitaires au monde.

Une rare délégation saoudienne est à Sanaa, au Yémen, pour négocier une trêve durable et discuter du processus de paix avec les rebelles Houthis du Yémen, après huit ans de guerre et dans un contexte de détente régionale, ont indiqué dimanche des sources diplomatiques yéménites. 

Les responsables saoudiens, dont l'identité n'a pas été révélée, sont venus "discuter des moyens d'avancer vers l'instauration de la paix", ont ajouté ces deux diplomates travaillant dans le Golfe et ayant requis l'anonymat.

Des responsables et médias des rebelles Houthis avaient annoncé cette visite plus tôt dans la journée. Contactées par l'AFP, les autorités saoudiennes ne l'ont quant à elles pas confirmée.

Des responsables saoudiens se sont déjà rendus à Sanaa par le passé mais ces visites sont rares et souvent limitées.

Samedi, des médiateurs omanais sont arrivés eux aussi à Sanaa pour discuter avec les rebelles Houthis d'une trêve avec l'Arabie saoudite. 

Réconciliation de l’Iran et l’Arabie saoudite

Comme des pans entiers du territoire du Yémen, Sanaa est sous le contrôle des Houthis, proches de l'Iran, depuis plus de huit ans. La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite voisine depuis 2015 pour appuyer les forces progouvernementales, n'a pas réussi à déloger les insurgés. 

Mais alors que l'Arabie saoudite tente depuis plusieurs mois de se sortir de ce bourbier, le récent rapprochement avec son grand rival chiite, l'Iran, a alimenté l'espoir d'un apaisement au Moyen-Orient, en particulier au Yémen. 

Guerre au Yémen : une délégation saoudienne à Sanaa pour discuter d'un processus de paix

Une première trêve a été conclue il y a un an au Yémen et a été depuis largement respectée, mais n'a pas été officiellement renouvelée à son expiration en octobre dernier. 

Les conditions de la trêve

Une nouvelle trêve en discussion comprend des exigences longtemps imposées par les rebelles, ont indiqué des sources gouvernementales yéménites à l'AFP. 

Il s'agit d'abord de la levée du blocus aérien et maritime que maintient l'armée saoudienne sur le pays, empêchant les aéroports et les ports sous contrôle rebelle d'opérer sans l'aval de Ryad. Autre exigence : le paiement par le gouvernement des salaires de tous les fonctionnaires, y compris ceux travaillant dans les régions tenues par les Houthis.

En mars, le gouvernement yéménite et les rebelles avaient conclu un accord à Berne sur un échange de plus de 880 prisonniers. Samedi, les rebelles se sont également félicité de la libération de 13 prisonniers par les autorités saoudiennes en échange d'un détenu saoudien, Ryad n'ayant pas commenté cette annonce. 

Le pays le plus pauvre de la péninsule arabique subit l'une des pires crises humanitaires au monde. La guerre a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés, avec des défis colossaux comme les épidémies, la faim aiguë et un effondrement économique, sur fond de baisse de l'aide internationale. 

Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Yémen est prévue le 17 avril prochain. 

Avec AFP