Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a donné son feu vert dimanche à la décision pour la formation création d'une garde nationale sous la direction du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir.
Le gouvernement israélien a approuvé dimanche 2 avril la décision de former une garde nationale, ont annoncé des responsables, des opposants craignant qu'elle ne fonctionne comme une "milice privée" sous les ordres du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir.
Un comité - composé de membres des "agences de sécurité israéliennes" - décidera si le chef de la police, ou d'une autre entité, dirigera cette garde, a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le périmètre d'action de cette garde sera établi par ce comité sous 90 jours, a ajouté cette source.
"La garde nationale s'occupera des situations d'urgence nationales à l'instar des troubles ayant eu lieu lors de l'opération Gardiens des Murs", a ajouté le bureau, faisant référence aux affrontements entre Israël et le mouvement palestinien Hamas en mai 2021.
En onze jours, 260 personnes (dont des combattants) côté palestinien -notamment dans la bande de Gaza - et 14 personnes en Israël, dont un soldat, avaient été tuées.
Un communiqué du bureau d'Iamar Ben-Gvir avait affirmé auparavant que la garde nationale traiterait des "scénarios d'urgence, de la criminalité à caractère nationaliste (des agressions ou des attaques contre les juifs selon Itamar Ben-Gvir, NDLR), du terrorisme, et du renforcement de la souveraineté" d'Israël.
Opérant sous son ministère, elle sera constituée de 1800 membres qui "ramèneront la sécurité" aux Israéliens, a déclaré Itamar Ben-Gvir, selon un communiqué de son bureau.
En contrepartie du gel de la réforme du système judiciaire
La création d'une garde nationale a été exigée par Itamar Ben-Gvir en échange de son accord pour geler un projet de réforme controversée judiciaire, qui a suscité un vaste mouvement de contestation, et une grève ayant paralysé l'ensemble du pays lundi.
Le chef de l'opposition Yaïr Lapid a critiqué dimanche cette décision, estimant que le gouvernement réduisait le budget de tous les autres ministères "pour financer la milice privée de Ben-Gvir", la qualifiant de "fantaisie extrémiste de gens délirants".
Il est "choquant" de "penser qu'une milice privée serait entraînée par un ministre qui nous embarrasse avec son manque de compréhension et qui a été reconnu coupable de soutien à un groupe terroriste et d'incitation au racisme est choquante", a écrit sur Twitter l'ex-ministre de la Sécurité publique Omer Bar Lev.
Itamar Ben-Gvir a été inculpé plus de 50 fois dans sa jeunesse pour incitation à la violence ou pour des discours de haine, et condamné en 2007 pour soutien à un groupe terroriste et incitation au racisme.
Avec AFP