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En Afrique du Sud, une vingtaine de morts après deux fusillades dans des bars

Dans la nuit de samedi à dimanche, 19 personnes ont été tuées dans deux fusillades distinctes, selon des sources policières. La première dans un bar de Soweto, près de Johannesburg, la seconde, également dans un bar, à Pietermaritzburg, dans l'est du pays.

Week-end meurtrier en Afrique du Sud. Deux fusillades dans des bars, où les assaillants semblent avoir tiré au hasard sur la clientèle, ont fait 19 morts dans la nuit de samedi 9 au dimanche 10 juillet, selon un décompte de la police.

À Soweto, près de Johannesburg, 15 jeunes gens, dont deux femmes, ont été tués lorsque des assaillants ont ouvert le feu sur la foule "qui s'amusait", tandis qu'à Pietermaritzburg (Est, région zouloue), quatre personnes attablées ont été tuées par deux hommes qui ont ouvert le feu indistinctement.

Le mode opératoire similaire intrigue les enquêteurs, même si les fusillades sont fréquentes en Afrique du Sud, l'un des pays les plus violents au monde, nourries par la violence des gangs et l'alcool.

"Nous ne pouvons permettre que de violents criminels nous terrorisent de la sorte", a affirmé le président Cyril Ramaphosa dans un communiqué. Ces morts violentes sont "inacceptables et inquiétantes", a-t-il ajouté en présentant ses condoléances aux familles.

À Soweto, le plus grand township historique de Johannesburg, au sud-ouest de la capitale économique sud-africaine, la police a été appelée dans la nuit, vers 00 h 30.

"Quand nous sommes arrivés sur place, douze personnes étaient mortes, portant des blessures par balles", a précisé à l'AFP Mme Nonhlanhla Kubheka, responsable locale de la police.

Une enquête ouverte

Une dizaine de blessés ont été transportés à l'hôpital et trois d'entre eux y sont décédés peu après leurs arrivée, a-t-elle indiqué.

Les victimes sont jeunes, âgées de 19 à 35 ans.

Aucune précision n'était disponible sur les assaillants. "Ils sont arrivés et ont tiré sur les gens qui s'amusaient", a indiqué à l'AFP Mme Kubheka, commandante du commissariat d'Orlando, le quartier de Soweto où le drame s'est déroulé.

"Selon des témoins, ils ont tiré au hasard" avant de repartir dans une camionnette blanche, a confirmé à l'AFP Elias Mawela, le chef régional de la police.

Une enquête a été ouverte et la police scientifique était encore sur place à la mi-journée pour collecter tous les indices possibles.

Des centaines de personnes du quartier étaient massées derrière les cordons de la police judiciaire, selon des journalistes de l'AFP sur place. Les corps ont été emmenés.

Seule une petite pancarte annonçant les prix de la bière était visible devant l'établissement. Des proches en pleurs ont tenté d'approcher mais ont été pris en charge par les policiers.

Tirs à l'aveugle 

Dans le township de Sweetwaters, près de Pietermaritzburg (Est), la fusillade a éclaté vers 20 h 30 dans un bar et a fait quatre morts et huit blessés, a confirmé le porte-parole local de la police Nqobile Gwala.

"Un groupe de personnes buvaient des verres dans une taverne et une voiture s'est garée devant" l'établissement, a expliqué le lieutenant-colonel dans un communiqué.

"Deux hommes ont sauté de la voiture, sont entrés dans le bar et ont ouvert le feu indistinctement sur les clients", a-t-il ajouté.

Douze personnes ont été touchées par balles. Deux sont mortes sur place et deux sont décédées dans la foulée à l'hôpital, a-t-il encore précisé. Les personnes tuées ont entre 30 et 45 ans.

Selon le maire Mzimkhulu Thebola, tout est allé très vite. Pas de vol, aucune conversation ou bagarre. Mais l'élu, vêtu d'une doudoune aux couleurs de l'ANC, le parti historique au pouvoir en Afrique du Sud, relativise : "Chaque semaine, nous apprenons que des gens ont été abattus au hasard".

Le bar informel, à une bonne vingtaine de kilomètres du centre de Pietermaritzburg, se situe dans une zone semi-rurale, près d'une station de lavage de voitures et d'un magasin d'alcool, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Ces actes meurtriers interviennent un an après les pires violences que le pays ait connues depuis la fin de l'apartheid et l'avènement de la démocratie.

En juillet 2021, ces émeutes, pillages massifs et destructions de sites industriels, principalement à Johannesburg et dans la province du Kwazulu-Natal (Est), avaient fait plus de 350 morts.

Au départ déclenchées par l'incarcération de l'ancien président Jacob Zuma, condamné pour outrage à la justice et poursuivi pour des faits graves de corruption, ces violences se sont inscrites dans un climat social et économique tendu.

Avec AFP