
Selon des résultats partiels portant sur 17 % des suffrages, le Frélimo, le parti au pouvoir au Mozambique, et le président sortant Armando Guebuza arrivent largement en tête des élections générales de mercredi avec plus de 75 % des voix.
AFP - Le parti au pouvoir au Mozambique, le Frélimo, et le président sortant, Armando Guebuza, sont arrivés largement en tête des élections générales de mercredi avec plus de 75% des voix selon 17% des suffrages dépouillés, a annoncé jeudi la commission électorale.
Ces résultats partiels montrent que M. Guebuza l'aurait emporté avec 77% des voix et son parti avec 76%, devançant largement l'opposition qui a souffert d'une scission il y a quelques mois.
Le Frelimo dirige le pays depuis son indépendance du Portugal en 1975. Il abordait le scrutin provincial, législatif et présidentiel en position de force.
Son rival historique, la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), semble prêt de perdre son statut de principal parti de l'opposition: il se retrouve devancé par le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM) créé en mars par un dissident de la Renamo.
A la présidentielle, le chef de la Renamo, Afonso Dhlakama, subit un quatrième échec -qui pourrait être le pire de sa carrière- avec 8% des suffrages, selon ces premiers résultats.
Le fondateur du MDM, le dissident Daviz Simango, maire de Beira (la seconde ville du pays), aurait lui obtenu 15% des voix.
Aux législatives également, le MDM est arrivé devant la Renamo bien qu'au départ ses chances étaient amoindries par une décision de la commission électorale qui n'a validé ses candidats que dans quatre des 13 circonscriptions.
Le MDM revendique plus de voix que la Renamo et était en deuxième position, derrière le Frelimo, dans trois des quatre circonscriptions où il a concouru. Les résultats de la quatrième circonscription n'ont pas encore été publiés.
Le président Guebuza, 66 ans, qui se présentait pour un deuxième mandat après avoir été élu en 2004 avec 64% des suffrages, est considéré comme l'homme le plus riche du pays, présent aussi bien dans le secteur bancaire et les médias que le bâtiment, la pêche ou l'import-export.
Son parti dispose de 160 des 250 sièges au Parlement sortant.
La Renamo, qui souffre toujours de son image d'ancien mouvement rebelle soutenu par le régime d'apartheid sud-africain, est en perte de vitesse depuis des années. Aux dernières élections municipales, elle n'a pas gagné une seule mairie.
Dès jeudi matin, les médias mozambicains titraient sur la victoire du parti au pouvoir et de son chef.
"Seul un miracle empêcherait le candidat du Frelimo de fêter sa victoire", écrivait le journal indépendant O Pais. "Guebuza en tête, Daviz enfonce Dhlakama", ajoutait-il.
L'abstention était la grande inconnue du scrutin. Les observateurs européens évoquaient mercredi un taux de participation de 30 à 35%, tandis que ceux d'Afrique australe misaient sur 50%.
La Commission électorale a jusqu'au 12 novembre pour publier les résultats définitifs.