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Le vélo, star incontestable du déconfinement

Depuis la sortie du confinement le 11 mai 2020, nombreux sont ceux qui se sont mis au vélo en France, comme dans de nombreux pays européens. Dans l’Hexagone, le secteur, qui représente 650 000 emplois, est l’un des rares qui a augmenté son chiffre d’affaires avec la crise économique liée au coronavirus. Vélo à assistance électrique, vélo pliable ou encore VTT, les demandes de cycles ne cessent de croître, les réparations aussi. Décryptage de Christophe Dansette dans la chronique éco.

Depuis le déconfinement, le vélo est à la fête. En France, entre le 11 mai et le 31 mai 2020, son usage a augmenté de 87%  par rapport à la période du 1er janvier au 17 mars, et de 28% par rapport à ces mêmes trois semaines de mai l’année dernière, selon les chiffres de l’association Vélo et tradition, publiés ce mercredi à l’occasion de la journée mondiale du vélo, et que nous vous révélons en exclusivité. C’est dire si les Français se sont mis à pédaler !

La raison est assez simple : le vélo apparaît comme une bonne alternative aux transports en commun, que beaucoup de Français préfèrent encore éviter pour des raisons sanitaires liées au Covid-19. Moyen de locomotion économique, sûre et écolo, le vélo à tout pour plaire. A Paris, le phénomène est encore plus marqué, puisque l’association note une hausse de 54% d’utilisation entre le 11 et le 31 mai par rapport à la même période l’année dernière.

Des aides financières incitatives

S’il s’accélère depuis trois semaines, cet engouement pour le vélo, a déjà débuté depuis quelques années, poussé par le gouvernement qui, en 2018, a présenté un plan vélo doté de 350 millions d’euros, notamment pour développer les pistes cyclables. Au mois d’avril, les autorités ont ajouté un plan d’urgence pour le vélo, dont le budget vient d’être triplé à 60 millions d’euros pour pousser les Français à se remettre aux cycles, à travers des formations, ou bien un coup de pouce de 50 euros pour faire réparer son vieux vélo.

Les collectivités locales ne sont pas en reste et proposent, elles aussi, des aides financières, comme une prime à l’achat d’un vélo à assistance électrique pouvant aller jusqu’à 500 euros, voir 600 euros. Avec la crise du coronavirus, de nombreuses collectivités ont, par ailleurs, tracé à la hâte de nouvelles pistes cyclables, les "coronapistes".

De leur côté, les commerces spécialisés se frottent les mains. Les files d’attentes devant les magasins de réparation ne cessent de s’allonger. Chez l’un d’eux, dans l’Est de Paris, il faut désormais attendre pas moins de dix semaines pour obtenir un rendez-vous... Quant aux ventes, elles explosent aussi, note une responsable de l’Union sport et cycle, qui représente la profession.

Le vélo électrique a le vent en poupe

S’il est trop tôt encore pour connaître les chiffres pour l’ensemble du secteur, chez l’enseigne Décathlon, on note quatre fois plus de demandes que l’année dernière, notamment pour les vélos à assistance électrique, les vedettes du moment. Chez Cycle Lab, qui regroupe des vendeurs indépendants, la fréquentation a augmenté de 60% depuis le 11 mai.

L’année dernière déjà, le chiffre d’affaire des magasins spécialisés avait augmenté de 12%, grâce à des vélos achetés plus chers, notamment les vélos électriques.

Et cette tendance se confirme dans toute l’Europe, elle est même plus importante en Belgique ou en Allemagne, où trois fois plus de vélos électriques ont été vendus en 2019 qu’en France.

Cet engouement pour le vélo va-t-il s'inscrire dans la durée ? Professionnels et usagers poussent déjà pour que les pistes cyclables provisoires soient pérennisées par les collectivités au-delà de cette période de crise sanitaire. L’objectif de passer de 3% à 9% d’utilisation du vélo d’ici 2024, fixé par le gouvernement pourrait alors paraître atteignable.