
L'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo vont être présentés à un juge d'instruction mardi. Ils risquent une mise en examen pour la diffusion des vidéos intimes, qui a poussé Benjamin Griveaux à renoncer à briguer la mairie de Paris.
Présentés à un juge d'instruction, mardi 18 février, Piotr Pavlenski et Alexandra de Taddeo risquent la mise en examen. L'artiste russe et sa compagne ont été placés en garde à vue ce week-end pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", à la suite du dépôt de plainte contre X de Benjamin Griveaux. Ces gardes à vue ont pris fin lundi après-midi et une information judiciaire sera ouverte mardi matin, a-t-on appris auprès du parquet de Paris.
Réfugié politique en France depuis 2017, Piotr Pavlenski a affirmé être à l'origine de la mise en ligne des vidéos, assurant vouloir dénoncer l'"hypocrisie" de Benjamin Griveaux. Ce dernier "a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris. Il a fait de la propagande des valeurs familiales traditionnelles", a-t-il affirmé.
L'avocat de Benjamin Griveaux, Me Richard Malka, a qualifié cette justification de "grotesque" et dit douter que le Russe soit le seul responsable de la diffusion des vidéos. Selon des sources concordantes, c'est sa compagne qui aurait été au départ la destinataire des vidéos en question.
L'avocat Juan Branco au coeur d'un imbroglio
Condamné en 2019 pour avoir incendié une succursale de la Banque de France à Paris lors d'une "performance artistique", Piotr Pavlenski avait initialement été interpellé samedi dans une autre enquête : il était mis en cause pour avoir participé à une rixe le 31 décembre dans un appartement à Paris. Selon le récit d'un participant, une dispute aurait éclaté entre plusieurs personnes et Piotr Pavlenski, qui se serait saisi d'un couteau. Deux des invités ont été blessés, a rapporté le site d'information Mediapart.
L'avocat et essayiste Juan Branco, qui dit avoir "conseillé" Piotr Pavlenski sur les vidéos, était également présent à cette soirée de réveillon. Il est lui-même au coeur d'un imbroglio : il a dénoncé le fait de ne pas pouvoir être désigné comme avocat de Piotr Pavlenski dans l'affaire Griveaux, mettant en cause le parquet de Paris. "Il s'oppose à ce que je représente mon client. Il s'agit d'une atteinte aux droits de la défense inédite, gravissime", a-t-il expliqué, dimanche, à sa sortie des locaux de la police judiciaire.
Procéduralement, le parquet doit saisir le bâtonnier s'il souhaite contester la désignation d'un avocat en cas de soupçon de conflit d'intérêts. Lundi, un rendez-vous a eu lieu entre Juan Branco et le bâtonnier de Paris, Olivier Cousi, et une enquête déontologique a été diligentée. "En l'état du dossier, je n'ai pas suffisamment d'informations permettant de prendre une décision concernant la poursuite par M. Juan Branco de la défense de M. Pavlenski", a expliqué Me Cousi. En attendant les résultats de cette enquête, deux autres avocats ont été désignés pour
assister le militant russe.
Avec AFP