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Une cérémonie en hommage à Ted Kennedy, mort mardi à l'âge de 77 ans, s'est déroulée vendredi à la Bibliothèque présidentielle John F. Kennedy de Boston. Son inhumation a lieu aujourd'hui au cimetière d'Arlington, près de Washington.

REUTERS - Républicains et démocrates se sont retrouvés unis vendredi pour rendre hommage au sénateur Edward Kennedy, grande figure du Sénat mort mardi à 77 ans.

Le corps de Ted Kennedy, patriarche d'une dynastie qui a marqué la politique américaine, a été exposé à la Bibliothèque présidentielle John Kennedy de Boston, où plus de 30.000 personnes se sont rassemblées pour honorer sa mémoire, au point que le service d'ordre a dû en repousser une partie.


Il sera transporté ce samedi, jour des obsèques, au cimetière national d'Arlington, en Virginie, proche de Washington, où Ted Kennedy sera inhumé auprès de ses frères John et Robert. Barack Obama devrait s'exprimer lors de l'office qui sera célébré en la basilique Notre-Dame du Perpétuel Secours de Boston. Son entourage a indiqué que le président ne ferait pas de cette intervention un plaidoyer pour sa réforme du système de santé.

Le sénateur Kennedy, qui représentait le Massachusetts au Capitole depuis 1962, avait fait de cette réforme la "cause de sa vie". Le projet de 2,5 milliards de dollars actuellement promu par Obama se heurte à une féroce opposition républicaine.

Trois des quatre anciens présidents américains encore en vie - Jimmy Carter, Bill Clinton et George W. Bush - devraient y assister. George H. Bush n'est pas en mesure de se déplacer. Les Premiers ministres britannique, Gordon Brown, et irlandais, Brian Cowen, sont aussi attendus.


Une quarantaine de membres du Congrès seront présents, dont les présidents de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et du Sénat, Harry Reid. Le service funéraire de vendredi était réservé à la famille et aux amis proches de Ted Kennedy, parmi lesquels on comptait les sénateurs républicains John McCain et Orrin Hatch, le vice-président démocrate Joe Biden et les sénateurs démocrates Christopher Dodd et John Kerry.

"Il s'était fait une place dans mon coeur et avant même que je le rencontre, il en possédait une part", a dit le vice-président, qui a ajouté qu'il n'aurait jamais fait une telle carrière sans Kennedy.


La cérémonie, retransmise par les télévisions américaines, a duré une heure de plus que ce qui était initialement prévu, atteignant les trois heures.

Le républicain Orrin Hatch, essuyant de temps à autre ses yeux embués par l'émotion, a dit combien lui manquaient "(leurs) joutes en public et (leurs) plaisanteries en privé". La veuve de Kennedy, Vicki, l'a pris dans ses bras au terme de son discours.
 



Compassion

Tandis que se prépare le dernier hommage au plus célèbre représentant de l'aile libérale du Parti démocrate, certains observateurs républicains ont mis les démocrates en garde contre la tentation d'exploiter la mort de Ted Kennedy pour faire passer la réforme du système de santé. Les commentateurs conservateurs ont rappelé que les obsèques du sénateur démocrate Paul Wellstone, en 2002, avaient tourné au meeting politique, donnant lieu à des discours fervents et des huées pour l'opposition.

L'animateur de radio Rush Limbaugh a dit s'attendre à voir les démocrates essayer de tirer profit de la mort de Kennedy. "La disparition du sénateur va leur donner une occasion de jouer la carte de la compassion pour obtenir le plus possible en son nom", a-t-il dit lors de son émission.

Que la mort de Ted Kennedy ait un effet rassembleur ou non, les démocrates font leur possible pour tenter de lui trouver au plus vite un successeur, afin qu'aucun vote ne leur manque au Sénat, où 60 voix sont nécessaires pour passer outre aux manoeuvres d'obstruction que pourraient lancer les républicains.

Avant de mourir, Ted Kennedy avait lui-même demandé au Congrès de son Etat d'autoriser le gouverneur Deval Patrick à lui donner un remplaçant temporaire. L'élection de son successeur devrait avoir lieu dans cinq mois.

Deval Patrick et le sénateur du Massachusetts John Kerry ont appelé les parlementaires de l'Etat à se prononcer rapidement.