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Corruption en Argentine : le Sénat autorise des perquisitions chez l'ex-présidente Cristina Kirchner

Le Sénat argentin a autorisé, mercredi soir, des perquisitions au domicile de l'ex-présidente Cristina Kirchner, soupçonnée d'être responsable d'un système de corruption lorsqu'elle était au pouvoir.

Cristina Kirchner est dans la tourmente. Le Sénat argentin a autorisé, mercredi 22 août, des perquisitions dans les résidences de l'ex-présidente argentine, citée dans un énorme scandale de corruption.

Les sénateurs ont voté à l'unanimité des 67 présents (sur 72) en faveur des perquisitions, qui pourraient intervenir dès jeudi, y compris Cristina Kirchner, qui siège au Sénat depuis 2017. Principale figure de l'opposition au président Mauricio Macri, elle y voit une "persécution politique".

Cristina Kirchner, au pouvoir de 2007 à 2015, bénéficiait jusqu'ici d'une immunité parlementaire, qui l'empêche d'être emprisonnée ou perquisitionnée, mais pas d'être entendue par le juge, mise en examen ou jugée. La justice pourra donc mener des perquisitions dans ses trois propriétés, une à Buenos Aires et deux en Patagonie.

"Cahiers de la corruption"

Le 13 juin, l'ex-dirigeante aujourd'hui âgée de 65 ans a déjà été convoquée par le juge, mais a refusé de répondre à ses questions, se contentant de lui remettre une déclaration écrite dans laquelle elle a demandé sa révocation et la nullité de la procédure.

L'affaire dite des "cahiers de la corruption" a été révélée le 1er août, date de la publication du contenu de plusieurs cahiers d'écolier, dans lesquels le chauffeur du vice-ministre de la Planification notait méticuleusement la date, l'heure, le lieu des remises de sacs d'argent.

Les pots-de-vin versés par des entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics étaient acheminés au domicile de ministres du gouvernement Kirchner, dans un appartement du couple Kirchner ou à la résidence présidentielle d'Olivos, près de Buenos Aires.

Depuis, une vingtaine de patrons de grandes entreprises du bâtiment et de travaux publics ont été convoqués par le juge. La plupart d'entre eux ont reconnu les faits, accepté de collaborer avec la justice pour ainsi ressortir libres, avec le statut de repenti. Les autres ont été placés en détention préventive.

Avec AFP