
L’ex-présidente chilienne Michelle Bachelet a été choisie mercredi pour succéder au Jordanien Zeid Ra'ad al-Hussein au poste de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Sa nomination doit être confirmée vendredi.
Après la présidence du Chili, les droits de l’Homme à l’ONU. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a choisi mercredi 8 août Michelle Bachelet pour le poste de Haut-Commissaire aux droits de l’Homme.
Si l'Assemblée générale de l’ONU donne son feu vert vendredi, Michelle Bachelet, 66 ans succédera au Jordanien Zeid Ra'ad al-Hussein, lequel doit quitter ses fonctions à la fin du mois, à l'expiration de son mandat de quatre ans. Il avait déclaré ce mois-ci qu'il ne briguerait pas un second mandat, parce qu'il ne pense pas disposer du soutien, crucial, des grandes puissances, dont les États-Unis, la Chine et la Russie. Il ne s'est pas privé de critiquer vivement certaines des mesures prises par Donald Trump, tout comme les attaques du président américain contre les médias.
Nikki Haley, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, a d'ailleurs réagi à la nomination de Michelle Bachelet en l'enjoignant "d'éviter les erreurs du passé".
"Si elle est choisie, [Michelle] Bachelet aura l'un des emplois les plus difficiles au monde, à un moment où les droits de l'Homme subissent une attaque généralisée", estimait avant l'annonce d'Antonio Guterres le directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth. "En tant que victime elle-même, elle amène à ce rôle une perspective unique sur l'importance d'une défense vigoureuse des droits humains", a-t-il ajouté.
"Championne des droits des femmes"
Michelle Bachelet fait partie des femmes politiques les plus puissantes au monde. Née en 1951 à Santiago, elle poursuivait ses études de médecine quand elle a été arrêtée, détenue et torturée avec sa mère par la police politique du dictateur Augusto Pinochet en janvier 1975.
La socialiste a effectué un premier mandat présidentiel de 2006 à 2010 au Chili. Ensuite, elle a dirigé de 2010 à 2013 l'agence nouvellement créée ONU Femmes, avant de briguer un second mandat et d'être élue de nouveau présidente du Chili en 2014. Elle a alors bousculé une société réputée très conservatrice par une série de réformes progressistes, dont l'adoption du mariage homosexuel et la dépénalisation de l'avortement.
En 2017, Antonio Guterres l'avait nommée pour faire partie d'un conseil consultatif de haut niveau pour le conseiller sur des initiatives de médiation. Le secrétaire général de l'ONU l'avait qualifiée de "championne des droits des femmes à long terme".
Avec AFP et Reuters