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Économie, sponsors, FFF… Les autres gagnants du Mondial-2018

Ils n'ont pas tout à fait eu le trophée entre les mains, mais ils bénéficient, ou bénéficieront, des retombées économiques du Mondial. Ces autres vainqueurs de la Coupe du monde sont les sponsors, l'économie française et russe ou encore la FFF.

Les Bleus ne sont pas les seuls à sortir victorieux de la Coupe du monde de Russie. La compétition, qui s’est achevée par la victoire (4 à 2) de la France contre la Croatie en finale, dimanche 15 juillet, fait les bonnes affaires d’un certain nombre d’autres acteurs, à commencer par les sponsors. Petit tour d’horizon.

• L’économie française dopée à la victoire ?
C’est le secteur le plus enclin à profiter du titre de champion du monde des Bleus, mais c’est aussi le plus discutable. Les avis divergent en effet sur l’impact économique de cette victoire. Il y a les optimistes, comme le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui a déclaré après le coup de sifflet final que "c’[était] bon pour la croissance". Le cabinet d’études ABN Amro est de son avis : le PIB des pays vainqueurs enregistrent un coup de pouce de 0,7 % par rapport à l’année précédente. Telle est la conclusion de leur analyse de toutes les Coupe du monde depuis 1970. La raison : une consommation dopée à l'euphorie de la victoire et une plus grande visibilité du pays sur le radar des investisseurs.

Économie, sponsors, FFF… Les autres gagnants du Mondial-2018

Mais d’autres sont bien moins enthousiastes. L’effet bénéfique sur la croissance ne serait que de 0,1 % en plus pour l’année en cours, d’après le cabinet Euler Hermes. Les Français seraient, en effet, prêts à dépenser plus, mais la plupart des achats fait sous le coup de l’émotion entraînent souvent une baisse de la consommation les mois suivants. "Les ménages font un transfert des dépenses", confirme Nathalie Henaff, chargée d’études économiques au Centre de droit et d’économie du sport (CDES), interrogée par Les Échos. Pour cet institut, l’impact économique n’est réellement sensible que lorsque le vainqueur est également le pays hôte de la Coupe du monde.

• L’économie russe carbure au ballon rond ?
La Coupe du monde aura "un impact économique considérable pour le pays", avait assuré avant le coup d’envoi de la compétition l’économiste et ancien vice-Premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch. Son optimisme se nourrissait au biberon des prévisions officielles de la Russie. Les autorités anticipent que la Coupe du monde rapporterait entre 22 milliards d’euros et 26 milliards d’euros au pays sur dix ans.

Ces estimations se fondent sur des éléments traditionnels comme un regain d’attractivité touristique pour la Russie et des dépenses d’infrastructures (construction des stades et de routes) qui ont engendré des créations d’emplois. Mais Moscou a aussi pris en compte des facteurs plus originaux : l’engouement attendu pour le foot entraînerait une hausse des activités sportives ce qui se traduirait par des Russes en meilleure forme et donc une baisse des dépenses de santé.

Mais les économistes ne sont pas convaincus par les prévisions russes. "L’impact sera limité dans le temps", assure l’agence de notation américaine Moody’s. Pour elle, les investissements consentis par l’État dans les infrastructures ont déjà produit leurs effets en 2016 et 2017, lorsqu’il a fallu recruter pour terminer les constructions à temps. La plupart des emplois n’étaient que des missions temporaires. Par ailleurs, la Russie a moins besoin de tourisme que d’investissements étrangers pour faire tourner la machine économique à long terme.

• Le sponsor Nike dit merci à la France… et à la Croatie
Qu’importe le vainqueur, la finale de la Coupe du monde était la première 100 % Nike. L’équipementier américain était sponsor de la France ainsi que de la Croatie. Il est prêt à mettre en vente les nouveaux maillots français ornés des deux étoiles (une pour chaque titre de champion du monde).

Nike espère ainsi capitaliser sur la ferveur des fans des Bleus, prêts à dépenser au moins 85 euros pour acquérir la tunique des champions du monde. L’équipementier aura au moins huit ans pour rembourser les 400 millions d’euros payés pour être le sponsor officiel de l’équipe de France jusqu’en 2026.

La marque à la virgule peut aussi compter sur ses nouveaux ambassadeurs stars, dont Kylian Mbappé, pour pousser les consommateurs à acheter ses maillots "made in Nike".

Le groupe américain n’est pas le seul sponsor à profiter de cette victoire. Les Bleus ont quatorze partenaires officiels aussi divers que les biscuits Belin, l’opérateur téléphonique Orange ou encore la centrale de pari PMU.

Un des sponsors doit cependant regretter la victoire des Bleus. Le spécialiste chinois de l’électroménager Vatti avait en effet promis, avant le début du Mondial, qu’il rembourserait jusqu’à quatre achats par client si les Bleus ramenaient la Coupe en or. Un manque de confiance dans les capacités de la France de gagner qui leur coûtera au bas mot 11,8 millions de dollars à rembourser.

• La Fédération française de football sur un nuage
La FFF devrait pouvoir repeindre ses finances en "Bleu". La victoire des Français en final signifie un chèque 32,5 millions d’euros (dont 9,75 millions d’euros seront reversés aux joueurs de l’équipe de France) payé par la Fifa.

Ce n’est pas le seul bénéfice que la fédération française espère tirer de cette victoire. Elle compte sur un afflux de sponsors supplémentaires prêt à dépenser au moins 5 millions d’euros par an pour devenir "partenaires majeurs" de l’équipe de France. Pour l’année à venir, la FFF devrait ainsi, d’après les calculs du Parisien, toucher 102,1 millions d’euros de la part de ses partenaires. C’est 25 millions d’euros de plus que sur l’année 2017-2018.