
Dans la presse, ce mercredi 27 juin, la conférence humanitaire "a minima" sur le Yémen, qui se tient aujourd’hui à Paris. La condamnation de plusieurs manifestants du "Hirak", au Maroc. Le procès des bébés volés en Espagne. Où la malédiction des restaurateurs d’œuvre d’art a encore frappé.
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Dans la presse, ce matin, la conférence internationale humanitaire sur le Yémen, qui se tient aujourd’hui à Paris - un rendez-vous auquel ne participent pas les protagonistes de ce conflit.
Le quotidien panarabe de Londres Al Arab, assure néanmoins ce matin que la coalition internationale au Yémen «n'a pas fermé la porte à une solution pacifique», et que le retrait des milices houthies du port d’Hodeïda offrira «une réelle chance de paix». S’il évite d’employer le terme peu diplomatique de rencontre «au rabais», Le Figaro évoque tout de même une conférence «a minima», sur ce que les Nations Unies présentent pourtant comme «la pire crise humanitaire» de la planète. Alors pourquoi ceux qui y participent refusent-ils de se mettre autour de la table? Parce que les Émirats, qui sont en pointe dans la bataille d'Hodeïda, «rejettent tout accord négocié tant que les houthistes n'auront pas quitté la ville», selon Le Figaro.
Dans La Croix, l’écrivain et professeur yéménite Habib Abdulrab Sarori, revient sur la difficulté de mobiliser sur le sort de son pays, qui vit une guerre presque à huis clos depuis 2014. Cet écrivain et professeur yéménite dénonce, lui, « la grande hypocrisie» des Occidentaux, qui «sous prétexte de non-interventionnisme, laissent les pays voisins régler la situation». Selon lui, «il se trouve que ces pays voisins ont une stratégie destructrice au Yémen», notamment l’Arabie saoudite, qui dirige la coalition internationale, et qu’il accuse d’entretenir depuis longtemps «un chaos maîtrisable, maintenant le pays dans un état de fragilité permanent». Habib Abdulrab Sarori affirme que Ryiad a « toujours eu une peur bleue du Yémen», «la seule république dans une région de monarchies, qui a vécu de nombreuses expériences politiques: le marxisme-léninisme, la presse libre, un début de printemps arabe en 2011, certes avorté». «Pour empêcher tout débordement de ces expériences chez elle, l’Arabie saoudite a corrompu les chefs de tribu et les hommes politiques. La laisser proposer la solution au Yémen serait donc une erreur».
Au Maroc, les manifestants de 2016 et 2017 dans la région du Rif, ont été condamnés hier à des peines allant jusqu’à vingt ans de prison. Le Monde parle de peines «lourdes» , d’un verdict «d’une grande sévérité pour une partie des 53 accusés, dont Nasser Zefzafi, devenu la figure emblématique de ce mouvement», appelé «Hirak» au Maroc. « L’Etat a échoué dans ce test de respect des droits de l’homme et des libertés essentielles, tout comme l’indépendance de la justice» , a réagi l’un des avocats de la défense, cité par le journal – qui rappelle que le mouvement avait émergé en 2016, après la mort d’un jeune vendeur de poisson, broyé par une benne à ordures alors qu’il tentait d’empêcher la police de détruire sa marchandise, pêchée illégalement. Le site marocain, Hespress, évoque, lui, des condamnations qui «rappellent les années de plomb», en référence au règne d’Hassan II, le père de l’actuel souverain Mohammed VI. Des peines «sévères» et un verdict «injuste», critique un autre site marocain, Al Youm 24, qui rapporte que cette décision a été accueillie avec «des pleurs et des lamentations» par les familles des accusés.
Beaucoup d’émotion, également, dans le procès qui a débuté hier en Espagne, pour faire la lumière sur les bébés volés sous la dictature de Franco. Après des décennies de silence, ce procès est une première, d’après El Pais, qui relate la comparution de l’ancien directeur de clinique Eduardo Vela, accusé du vol d’un bébé en 1969. Cet ancien médecin de 85 ans, s’est contenté de répondre: «Je ne sais pas. Je ne me souviens plus» aux questions du juge sur le cas de ce bébé, Ines Madrigal, âgée de 39 ans aujourd’hui. L’Humanité parle d’un procès symbolique, dans un pays où des « dizaines de milliers d’enfants» auraient été soustraits à leurs parents à leur naissance, durant la dictature franquiste. Depuis que cette pratique a été révélée, en 1982, 2 000 enfants volés ou leurs parents biologiques ont déposé plainte, selon l’Huma, qui précise que ces plaintes ont été déposées «sans succès» pour la plupart, les faits étant désormais prescrits.
Je vous propose, pour terminer, de rester en Espagne, où une tout autre affaire amuse beaucoup les internautes - une nouvelle affaire de restauration d’œuvre d’art complètement manquée. Cette fois, il s’agit d'une sculpture du XVIe siècle, un Saint George terrassant le dragon, qui s’est retrouvé complètement peinturluré, au point de ressembler désormais davantage à une ado qui aurait exploré la trousse de maquillage maternelle qu’à un véritable guerrier. Vu sur Twitter.
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