
À la une de la presse, ce mardi 12 juin, la rencontre, inédite, entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour.
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La presse a bien sûr suivi de très près la rencontre inédite entre Donald Trump et Kim Jong-Un, à Singapour.
The Korea Times parle de «la négociation du siècle» - des discussions qui se sont dérouleées sous les yeux «du monde entier», et dont le principal objectif était de parvenir à un accord sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, dont le président Trump a assuré qu'elle allait commencer "très rapidement". Résolument positif, le quotidien singapourien The Straits Times qualifie d’«historique » la poignée de mains entre les deux dirigeants. «Historique», répète The Washington Post, qui semble ne pas revenir de cette rencontre sans précédent «entre le dirigeant très peu orthodoxe de la nation la plus riche et la plus puissante du monde et le dirigeant brutal de l’un des pays les plus isolés et répressif de la planète» : «c’était quasiment inimaginable il y seulement encore quelques semaines, lorsque Trump et Kim s’adressaient des noms d’oiseaux», écrit le journal – qui rappelle aussi l’existence de «divergences profondes» entre les deux dirigeants.
Le site britannique du Huffington Post s’amuse de cet incroyable retournement de situation, de la façon dont Donald Trump, qui traitait il y a quelques mois Kim Jong-Un de «rocket man», d’homme-fusée, semble s’être transformé en «rocket fan», en fan de la fusée nord-coréenne. De quoi donner le tournis à Libération, qui se demande si ce qui vient de se produire relève de l’histoire ou de l’hystérie. «Historique ou hystérique: cochez la ou les bonnes réponses», titre le journal, avec un photo-montage montrant les visages de Kim Jong-Un et Donald Trump confondus - une drôle de créature. La dimension «historique» de cette rencontre est également interrogée par le professeur d’histoire spécialiste des Etats-Unis, Corentin Sellin, qui a commenté sur Twitter: «Quelques secondes de sidération après la poignée de mains Kim/Trump, et on réalisé combien Trump, car président d’un pays démocratique, est désormais prisonnier de cette image. Elle ne sera effectivement historique pour lui que s’il obtient quelque chose de Kim Jong-Un».
Après la poignée de mains, les deux dirigeants se sont rencontrés seul à seul, puis avec leurs équipes. Si l’on ne connaît pas la composition exacte de l’équipe nord-coréenne qui a négocié, Le Monde rappelle que John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, était présent côté américain, «en dépit d'une relation difficile avec Pyongyang». En 2003, rappelle le journal, Bolton, qui était alors membre de l’administration de George W. Bush, et chargé des questions de désarmement, avait prononcé un discours «incendiaire» contre la Corée du Nord au cours d’un déplacement à Séoul - ce qui avait amené Pyongyang à répliquer en le qualifiant, notamment, d’«ordure» et de «suceur de sang».
Un coup d’œil, enfin, aux premières réactions en dessins. La « bromance » affichée entre Donald Trump et Kim Jong-Un ne cesse d’amuser la presse, comme en témoigne le dessin de Tom Toles pour The Washintgon Post, qui les montre main dans la main, tournés vers l’horizon: «Tu sais, Kim, dit Trump, c’est si romantique d’être ici avec son âme sœur devant le coucher de soleil qui tombe sur l’alliance occidentale» - une allusion, bien sûr, au fiasco du G7, qui a précédé cette rencontre. Trump et Kim sont supposés être si bons amis, que Dave Brown a affublé Kim Jong-Un de ce qui tiendrait lieu de houpette à Donald Trump, qui du coup se retrouve chauve: un furet, qui lui fait un bras d’honneur. «Il y a de l’excitation dans l’air», moque la légende. Les dessinateurs de presse ont décidément beaucoup de mal à prendre les deux dirigeants au sérieux - à voir pour terminer avec le dessin de Rowson, intitulé: «Faites entrer les clowns».
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