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"Immigration, esclavage, même combat ?"

Au menu de cette revue de presse internationale, mardi 7 mars, la nouvelle version du décret migratoire signé par Donald Trump, une sortie surréaliste de son ministre du Logement sur l’immigration et l’esclavage, la répression de l’opposition à Bahreïn. Les séquelles psychologiques dont souffrent les enfants syriens. Et l’histoire d’une tortue thaïlandaise.

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On commence cette revue de presse internationale aux Etats-Unis, où une nouvelle version de décret migratoire a été présentée, hier.
Revu et corrigé pour éviter toute objection de la justice, et un nouveau tollé mondial, cette deuxième mouture ne satisfait toujours pas The New York Times, qui ironise sur cette version «allégée» mais toujours «pernicieuse», du décret migratoire, qui cible encore les réfugiés et les ressortissants de six pays musulmans. «Ce nouveau texte, écrit le journal, est une reconnaissance implicite du fait que l’Administration Trump a trébuché de façon spectaculaire au moment de mettre en œuvre l’une de ses promesses de campagne, sans qu’apparaisse toutefois le moindre signe de contrition». «Pour une fois, le président Trump fait la bonne chose», estime en revanche The Washington Post, qui salue le retrait de l’Irak de la liste des pays musulmans concernés par le décret – les Irakiens étant présentés comme faisant partie des principaux alliés des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme islamiste. «Cela veut dire que le président Trump a compris que le monde musulman n’est pas monolithique; espérons qu’il s’agisse là du début d’une tendance», encourage le journal.
L’Administration Trump dont le ministre du logement, Ben Carson, a fait une déclaration qui n’est pas passée inaperçue. «Il y a eu d’autres immigrés qui sont venus ici au fond des navires négriers, qui ont même travaillé plus longtemps et plus dur et pour moins. Mais eux avaient aussi le rêve qu’un jour leurs (descendants) puissent trouver  la richesse et le bonheur sur cette terre», a dit hier Ben Carson, assimilant donc les esclaves à des immigrés. «C’est ça l’Amérique: une terre de rêves et d’opportunités», a-t-il conclu devant les fonctionnaires de son ministère, d’après USA Today. Ben Carson qui est lui-même afro-américain, et dont la sortie a provoqué un tollé, sur les réseaux sociaux tout d’abord, comme en témoigne ce Tweet: «Voici la façon dont tout le monde va regarder Ben Carson désormais», avec la photo d’un regard peu amène de Michelle Obama. Puis dans la presse. «Ben Carson, qui dit que les esclaves étaient des immigrés est une honte», étrille The New York Daily News, qui fait mine de se demander: «Quand des femmes, des enfants et des hommes étaient enlevés à leurs villages, séparés de leurs familles, et entassés dans des rafiots pendant des mois, en échange de tabac, de coton, de graines, c’était de l’immigration? Quand on marquait les gens au fer rouge pour que la possession d’un être humain par un autre être humain ne fasse pas l’objet de dispute, c’était de l’immigration? Quand les femmes étaient violées au simple motif que c’était jeudi ou vendredi, ou tout simplement parce qu’un propriétaire se sentait l’envie d’exercer sa domination sur la femme, la mère, ou la fille d’un autre, c’était de l’immigration?».
A Bahreïn, le ministère de la Justice a engagé une procédure judiciaire pour dissoudre le principal parti d’opposition. L’interdiction annoncée du parti Wa’ad, qui est un groupe laïque, ainsi que la décision de faire traduire plusieurs opposants devant des tribunaux militaires, intervient quelques mois après l'interdiction du principal mouvement d'opposition chiite, rappelle The Guardian, qui évoque de nouvelles attaques contre la dissidence et les droits de l’Homme et critique l’attitude du gouvernement britannique, accusé de ne pas réagir à la répression en cours. Le quotidien bahreïni Al Watan justifie, lui, l’action des autorités au nom de la lutte contre le terrorisme, présenté comme le fruit d’une l’association entre l’opposition et des «puissances étrangères», entendez l’Iran.
A noter également ce matin, ce rapport de l’ONG Save The Children - un document alarmant sur le stress et le traumatisme dont souffrent les enfants syriens. Alors que le conflit entre dans sa septième année, l’ONG a interrogé 458 mineurs et adultes dans sept des quatorze gouvernorats syriens. Son rapport, repris par The Guardian, fait état de séquelles psychologiques graves touchant les enfants, dont beaucoup souffrent notamment d’incontinence et de difficultés d’élocution. «Le risque d’avoir une génération brisée, perdue par les traumatismes et un stress extrême, n’a jamais été aussi grand», alerte Save The Children, qui rappelle qu’au moins 3 millions d’enfants vivent dans des zones de guerre en Syrie, subissant chaque jour des bombardements aériens et des tirs d’obus.
Tout autre chose, pour terminer. Une histoire insolite, trouvée du côté de Buzzfeed, qui nous raconte les mésaventures de Bank, la bien-nommée, une tortue verte de 25 ans, vivant dans une sorte de bassin en Thaïlande. Parce que les Thaïlandais croient que jeter des pièces aux tortues peut leur porter chance, et leur offrir la longévité, Bank a reçu dans son petit bassin des milliers de pièces au cours des années. Le problème, c’est qu’elle en a avalé beaucoup, 915 au total, soit un total de 5 kilos. Bank, qui était à l’agonie, a finalement dû passer sur la table d’opération. On ne sait pas combien de temps a duré l’intervention, mais tout est bien qui finit bien semble-t-il.
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