En analysant des images satellites de la Syrie, des chercheurs de l'université de Stanford ont montré que les ressources en eau du pays avaient diminué de près de 50 % depuis le début du conflit.
Plus de 220 000 morts, des millions de civils déplacés, des villes anéanties et des sites archéologiques réduits à néant, la guerre en Syrie laissera derrière elle un pays meurtri. Mais aussi des terres et des infrastructures complètement à sec : il n'y a plus d'eau en Syrie.
Dans une étude publiée dans le journal scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences le 5 décembre 2016, des chercheurs de l’université de Stanford, aux États-Unis, dressent un bilan alarmant de l’état des ressources en eau de la Syrie.
En quatre ans, le pays aurait perdu près de 50 % de ses réserves en eau et de ses terres irrigables. Des dégâts si colossaux, qu’ils sont visibles depuis l’espace.
Les images satellites pour étudier les zones de guerre
"Le principal défi était pour nous qu’il était quasiment impossible de collecter des données sur le terrain en Syrie", a expliqué Jim Yoon, co-auteur de l’étude, dans un communiqué de presse.
Trop dangereux de regrouper des données sur place, alors les chercheurs de Stanford ont étudié la Syrie d’en haut, de très haut.
"Les effets étaient tellement visibles que ça sautait aux yeux"
En analysant des images satellites prises entre 2012 et 2015 via Google Earth Engine, les chercheurs de Stanford ont pu comparer l’état actuel des réservoirs d’eau et des terres agricoles avec celui d’avant la guerre.
Selon leurs analyses des images aériennes des terres agricoles – normalement plus vertes que la végétation en période sèche – les sols irrigués auraient diminué de 47 % depuis le début du conflit.
Même constat pour les onze plus grands réservoirs d’eau syriens, dont les réserves auraient été réduites de 49 %.
C’est la première fois que des images satellites servent à "analyser à distance et sur une grande échelle des données sur une zone de guerre pour prouver la relation causale entre la guerre et la diminution des ressources en eau", a expliqué Marc Muller, co-auteur de l’étude. "Avec ces nouveaux outils, nous pouvons faire des analyses précises très rapidement – les effets étaient tellement visibles que ça sautait aux yeux."
Et ce manque d'eau impacte aussi le quotidien des habitants de Syrie :
Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.