Très attendue sur le Brexit, Angela Merkel, aux côtés de François Hollande et Matteo Renzi, a indiqué lundi qu’il ne pouvait y avoir de négociations informelles avec les Britanniques tant qu'ils ne formaliseront pas leur volonté de quitter l'UE.
Après le séisme du Brexit, Angela Merkel, François Hollande et Matteo Renzi se sont rencontrés lundi 27 juin à Berlin pour évoquer la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et apporter une réponse commune. Lors d'une conférence de presse, la chancelière allemande, dont les prises de position étaient particulièrement attendues par ses partenaires européens, a fait savoir qu’il ne pouvait y avoir de négociations informelles tant que Londres ne déclenchera pas l'article 50 du traité de Lisbonne qui formalisera sa volonté de quitter l'UE.
À la veille du Conseil européen de Bruxelles pour débattre de la stratégie à adopter, la dirigeante allemande a ajouté qu’il ne fallait pas faire traîner les choses tout en avouant qu’elle était incapable de dire quand le Royaume-Uni commencerait les négociations pour sa sortie ni la durée des pourparlers.
Le président français François Hollande a appelé pour sa part à "ne pas perdre de temps", alors que les Britanniques semblent vouloir temporiser avant de déposer leur demande. "Car rien n’est pire que l’incertitude" qui génère des comportements politiques souvent irrationnels" mais aussi des "mouvements financiers qui peuvent être également irrationnels", a estimé le chef de l’État français, pressé de conclure : "Nous garderons des relations fortes avec le Royaume-Uni."
"Nouvelle impulsion"
L'Allemagne, la France et l'Italie ont, par ailleurs, annoncé leur intention de faire ensemble des propositions afin de relancer la construction européenne sous une "nouvelle impulsion", dans les domaines notamment de la défense et de l'économie."Nous proposerons demain aux chefs d'État et de gouvernement et aux institutions européennes de lancer un processus, selon un calendrier strict et un ensemble précis d'engagements, afin de répondre aux défis présentés par le résultat du référendum britannique et de développer des solutions concrètes pour un bon avenir aux Européens au sein de l'Union européenne", peut-on lire dans leur déclaration.
"Une rencontre spéciale des dirigeants en septembre sera consacrée aux défis communs auxquels les 27 États membres sont confrontés et aux priorités essentielles sur lesquelles ils devront décider. Ils devraient aussi se mettre d'accord sur des projets concrets à réaliser en Europe dans les six prochains mois pour la croissance et la sécurité."
Avec AFP et Reuters