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L'armée syrienne s'empare de la citadelle de Palmyre avec l'aide des avions russes

Appuyée par l'aviation russe, l'armée syrienne a poursuivi vendredi sa progression vers Palmyre en prenant notamment le contrôle de l'ancienne citadelle. La cité est aux mains de l'organisation l'État islamique depuis mai 2015.

Les forces gouvernementales syriennes ont pris, vendredi 25 mars, le contrôle de l'ancienne citadelle de Palmyre, qui domine les ruines de la cité antique, rapportent les médias officiels syriens et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La reprise de Palmyre est une étape capitale dans l'entreprise de reconquête que mène le régime de Damas avec le soutien des forces russes, de miliciens chiites du Hezbollah et de militaires iraniens face à l'organisation de l'État islamique.

La télévision syrienne et la chaîne du Hezbollah libanais, Al Manar, ont annoncé que l'armée avait pris l'ancienne citadelle. La chaîne par satellite panarabe Al Mayadine a, quant à elle, montré un avion de combat mener trois raids, selon elle, contre des jihadistes qui fuyaient la citadelle pour gagner la ville de Palmyre.

L'OSDH a aussi confirmé la chute de la citadelle aux mains des forces gouvernementales.

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Dans la ville, ajoute l'ONG basée en Grande-Bretagne, des kamikazes de l'EI ont fait exploser deux voitures piégées pour tenter d'arrêter les gouvernementaux qui progressaient dans le quartier des hôtels, près de la cité antique.

Le directeur des Antiquités syriennes, Maamoun Abdoulkarim, a déclaré que la défaite des jihadistes à Palmyre serait une victoire pour le monde entier. "Après la tragédie que nous vivons en Syrie depuis cinq ans, et après dix mois d'occupation à Palmyre [...], c'est la première fois que nous ressentons de la joie", a-t-il dit à Reuters. "Nous prions pour que la victoire soit rapide, afin de limiter les dégâts. Palmyre, sous le contrôle des jihadistes, c'était la perte de toute une civilisation."

Les avions russes toujours impliqués en Syrie

Des avions russes ont poursuivi leur appui aux soldats de Bachar al-Assad, malgré les annonces de Moscou qui a récemment annoncé le retrait de l'essentiel de ses troupes.

La mort, la semaine dernière, d'un membre des forces spéciales russes près de Palmyre laisse d'ailleurs supposer que le Kremlin est davantage impliqué dans les combats qu'il ne veut bien l'admettre.

Rami Abdoulrahmane, directeur de l'OSDH, a précisé que les combats s'étant rapprochés des ruines de la cité antique, au sud-ouest de la ville, l'armée syrienne ne peut compter sur l'appui aérien des Russes et de son aviation en raison des risques que cela impliquerait pour les vestiges déjà abîmés, voire détruits pour certains, par l'EI.

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L'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, a salué la perspective de la reprise de Palmyre qui porte selon elle "à la fois la mémoire du peuple syrien et les valeurs de diversité culturelle, de tolérance et d'ouverture qui ont fait de cette région le berceau de la civilisation" a déclaré sa directrice générale, Irina Bokova.

Puis elle poursuit : "Depuis un an, le saccage de Palmyre est le symbole du nettoyage culturel qui sévit au Moyen-Orient. Le dynamitage et le dépeçage de ses trésors, dans le but de briser tout un peuple."

Avec Reuters